Didier Convard se lance dans une toute nouvelle série à consonance historique, comme il aime tant en écrire. Grand fan de ce scénariste, qui nous a déjà offert des séries incontournables comme le Triangle Secret ou le récent Tanâtos, j’ai découvert avec forcément beaucoup d’intérêt son Vinci, écrit pour Chaillet, que les amateurs de la collection « Loge Noire » (Glénat) connaissent déjà.
Après un prologue en terres françaises, les auteurs et François 1er nous emmènent dans la Milan du XVe siècle, à la poursuite d’un monstrueux tueur qui va, coup sur coup, assassiner et défigurer deux notables de la ville. Cela met en émoi les habitants et les services de sécurité qui n’y comprennent goutte lorsque des témoins parlent d’un monstre sorti des eaux glacée puis d’une immense chauve-souris.
Léonard de Vinci est la célébrité du livre, invité par le prévôt mais déjà intéressé par l’affaire à titre personnel. Son implication ne manquera pas de surprendre le lecteur, au point finalement d’avoir du mal à retrouver en ce personnage le Léonard tel qu’on se l’imagine.
L’intrigue, dont il reste encore de nombreuses zones d’ombre à éclaircir, est intéressante. C’est une manière originale d’aborder cette époque et, plus encore, un personnage célèbre. Convard est pour le moins culotté et ça mérite déjà un coup de chapeau.
Néanmoins, le rythme s’avère très vite laborieux. Les mystères ont du mal à vivre au regard de la lenteur avec laquelle se déroulent les événements. Les protagonistes ont tous leurs petits secrets mais ils se dévoilent finalement trop peu à mon goût, empêchant le lecteur de s’identifier ou de s’intéresser vraiment à un personnage.
L’impression générale est très certainement renforcée par des dessins plutôt statiques. Les gestes des personnages, la vie dans la rue, tout semble figé par le trait de Chaillet. C’est d’autant plus dommage que le dessinateur a un réel talent, oeuvrant avec précision et réalisme. J’ai été impressionné par son soucis du détail, notamment à travers son travail sur les bâtisses et les monuments qui défilent dans les pages. Il s’est fait plaisir, on le sent, à recréer dans le détail ces splendides cathédrales ou ces maisons de l’Italie de la Renaissance. On imagine les heures de boulot sur les planches pour arriver à ce résultat. Certaines sont d’autant plus spectaculaires que mises en page avec un sens de lecture horizontale, histoire de donner une plus grande dimension encore à certains passages.
Malgré ces très bonnes idées et un travail de fond indéniable, les deux auteurs peignent donc ici une intrigue intéressante mais qui pèche parfois par sa lenteur et le manque de charisme des personnages. Peut-être la mise en place de l’histoire a-t-elle joué dans cet état de fait et que le prochain tome sera plus convaincant. C’est tout ce que l’on peut souhaiter à Didier Convard qui, au fil de ses séries, a toujours su nous surprendre. On peut donc lui faire confiance pour nous servir une suite plus dynamique.
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