Plutôt tragique, ce troisième épisode de Love Song mené d’une main de maître par le toujours pétillant Christopher, continue d’aborder l’incommensurable solitude de l’homme dans l’adultère. On peut prétendre à l’ironie pour ne pas vexer les filles mais l’histoire, comme pour se donner une raison valable de se faire plaindre, entraîne le héros dans un vrai drame humain laissant des vies sur le carreau. Difficile alors de ne pas partager un peu de cette douleur que Christopher dépeint assez facilement. Le dessin n’a pas changé, toujours impeccable et joliment mis en couleur sauf pour la couverture qui reproduit à la police près la pochette de l’album « The Village Green Preservation Society” des Kinks.
Ils sont quatre amis et malgré les obstacles à surmonter, malgré les disputes, restent unis dans leur amitié. Pourtant ils ne se font pas de cadeaux ni même ne s’aident. Dans l’adultère, chacun se débrouille.
L’esprit général de la série traduit un malaise important autour du sujet. La relation hors couple n’est pas gratuite, elle fait des dégâts même envers celui qui créée la situation. Cette série n’est décidemment pas très drôle. Elle est même assez noire et présente le grand avantage de parler de réalités sans langue de bois. On cautionne ou pas mais au moins, on sait, c’est déjà ça !
Le choix de mêler la musique et l’image colle à la peau de Christopher, il aura en plus de sa volonté de parler de sujets relatifs au genre humain, de traiter en fond une décennie musicale particulièrement riche et variée. Si le fil rouge de la série porte sur l’adultère, l’identité de chacun des albums se retrouve autour d’un groupe de musique.
Excellent album à lire en écoutant les kinks pour ne pas trop sombrer dans la tristesse.
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