YAKARI
Le retour du lapin magicien

Grande Ramure le caribou est venu perturber Yakari et Arc-en-Ciel dans leur jeu, mais c’était pour la bonne cause : il venait de la part de Nanabozo, le lapin magicien, pour leur dire que celui-ci les attendait et avait des choses extraordinaires à leur montrer…

Intrigués, les deux papooses ont accouru et n’ont pas été déçus par le voyage : le lapin, toujours aussi impressionnant de par la qualité de ses tours de magie a en effet rendu à la vie devant eux deux êtres, un chasseur et un castor géant préhistoriques, dont les silhouettes étaient gravées sur la face d’un rocher !
 

Par sylvestre, le 1 janvier 2001

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Notre avis sur YAKARI #34 – Le retour du lapin magicien

Après 34 tomes, la série Yakari est toujours aussi sympathique, et chaque album qui sort est toujours une bonne nouvelle pour les jeunes lecteurs et une non moins bonne pour les lecteurs plus âgés qui suivent depuis des années déjà le petit papoose et ses nombreux amis.

Ce 34ème album que l’éditeur avait un temps annoncé comme devant s’intituler « Revoilà Nanabozo » a finalement troqué ce titre contre celui plus classique de « Le retour du lapin magicien ». Mais gare aux apparences, car si j’ai parlé de classicisme pour le titre, l’histoire, elle, est loin d’être une aventure banale !

En effet, par le biais de la personnalité et des pouvoirs du lapin Nanabozo, les auteurs Derib et Job ont succombé à la tentation du fantastique en invitant l’impossible dans l’univers du petit héros amérindien. Les lecteurs les moins enclins à se laisser bousculer par de l’audacieuse nouveauté (ils se compteront probablement parmi les tout premiers lecteurs) auront peut-être cette surprise qu’ils ont eue lorsqu’ils ont découvert le fameux tome 33 d’Astérix ou même le tome 24 de la série des Schtroumpfs et crieront peut-être à la dénature de la série… Eh oui… Car vous l’avez lu dans le résumé : il est question d’êtres préhistoriques qui reprennent vie ! Sacrée idée, n’est-ce pas ?!

Une idée qui en tout cas suscite deux réflexions au moins. La première est que malgré ces utopiques situations, ce choix scénaristique permet à la série de tenir un rôle éducatif en présentant des animaux (apparentés aux castors) ayant existé. Cette dimension pédagogique est une des marques de fabrique de la série, et les auteurs ne ratent pas une occasion d’apprendre à leurs lecteurs des petites choses sur les Indiens, sur l’Amérique, sa nature, son histoire, etc… Vous verrez pour cet album qu’on a droit par exemple à quelques lignes par rapport aux tournesols ou à une espèce de vautour.

La seconde réflexion qu’on peut se faire à la lecture de cette bande dessinée, c’est peut-être qu’on aura senti une frustration née de ces improbables « résurrections ». Car elles sont trop furtives, en fait. Si l’homme préhistorique et le castor géant s’animent, ils ne jouent de rôle dans aucune action : les claquements de doigts du lapin magicien les auront toujours bien vite fait réintégrer leur « monde »… Déception donc dans la mesure où une fois la fantasmatique des enfants lecteurs titillée, ceux-ci vont devoir se résigner à ne pas voir d’action s’axer autour de ces invités surprise…

Mais allez, pas de panique. Le tout reste très récréatif et ne manquera justement pas de pousser les jeunes lecteurs à l’analyse ; à une lecture réfléchie, donc. Au final, un album qui fera parler de lui et qui gagnera sa place naturellement à la suite de tous les précédents qu’on a toujours appréciés les uns après les autres !
 

Par Sylvestre, le 11 septembre 2008

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