Ya San

Dessinateur :


Scénariste :


Éditions :

KANA

Collection :

Made in

Genre :

Drame

Fiction

Roman Graphique

Sortie :
ISBN : 9782505001881

Résumé de l'album Ya San

 
On dit qu’il y a 600 ans, sur l’île chinoise appelée Liao où étaient envoyés en quarantaine les gens atteints d’une grave maladie, seule une jeune femme avait survécu. N’ayant alors plus pour compagnons que des insectes, elle serait allée jusqu’à leur donner son corps pour qu’ils s’en nourrissent. Mais en faisant cela, elle leur aurait transmis un virus qui, ensuite, s’est développé et a décimé ailleurs de nombreux autres humains.

Est-ce là qu’il faut chercher l’origine de ce qu’on s’accorde à appeler la "malédiction de Mupansen", qui touche le village du même nom ? Ou bien est-ce à cause de cette usine de fabrication de yachts de luxe ? Ya San, concerné, s’interroge...
 

Par Sylvestre, le NC

Notre avis sur l'album Ya San

 
Ya San
est le premier titre chinois de la collection Made In des éditions Kana. Et autant dire tout de suite que ce manhua n’a pas volé sa place dans ce catalogue luxueux dédié à la BD asiatique, car si je vous disais que lorsque je l’ai lu, j’ai ressenti la même chose que quand j’ai découvert les talents de Byung Byun Jun (Cours, Bong-Gu ! et Mijeong), vous comprendrez que j’ai vraiment été époustouflé par le dessin !

Huang Jia Wei, bien qu’il ne soit âgé que de 24 ans, est encore bien modeste en nous parlant de cette bande dessinée, "sa première" (...de plus de 100 pages), la qualifiant d’œuvre pas encore assez mûre, alors qu’elle est un trésor de graphisme, de rendu d’ambiances, de talent, tout simplement !

Sur un scénario de Wang Bang pas toujours très linéaire et donc plutôt à décrypter avec l’approche avec laquelle on analyserait un rêve (ou un cauchemar), le jeune dessinateur n’a en effet pas ménagé sa peine et nous a livré de superbes planches en noir et blanc. Paysages ruraux ou (sub)urbains, architectures labyrinthiques et mobilier, tout est dessiné avec le même sens poussé du détail. Les êtres humains sont très expressifs. Regardez la vieille A Sang ou tous ces visages ravagés par la maladie... Quant aux visages des héros principaux, ils sont eux réalisés avec moins de nervosité et font figure de plages de douceur au milieu du reste, très tortueux.

Ya San, avec tout cela, permet aussi d’aborder les questions de l’écologie et de l’exploitation de la pauvreté au travers Mupansen, village croulant sous les immondices et son usine de fabrication de yachts dont le mode de fonctionnement est plus qu’opaque...

Ya San dérange et séduit énormément à la fois. C’est une première œuvre à applaudir.
 

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Ya San est un livre étrange qui réussit à mettre mal à l’aise dès les premières pages. L’ambiance est sombre et malsaine. Les bas quartiers de Zhihai, village de pêcheurs à la dérive, sentent la pourriture. La mort, c’est sûr, n’est pas loin. L’on tourne les pages avec un sentiment nauséeux sans savoir si l’on veut vraiment continuer à avancer dans ces ruelles moribondes ou s’il ne serait pas plus sage de fermer le livre.

Une telle force en matière d’ambiance est déjà la marque d’une œuvre pas comme les autres. Les auteurs ont frappé fort à ce niveau. Tout est pesant, du scénario aux graphismes. La déchéance du village, description d’une société laminée par la pollution et la folie des hommes, est racontée comme dans un cauchemar. Le récit « off » égrène les détails dérangeants qui prennent plus d’ampleur encore avec les dessins de Huang Jia Wei.

Le graphisme est surprenant, d’une intensité sombre, tantôt envoûtant, tantôt totalement répugnant. Les passages avec les vers sont à vous rendre malade. Nous n’avons droit qu’à quelques moments de respiration, notamment lorsque nous nous retrouvons en compagnie de la fille des industriels, qui vit dans un monde riche, avec ses jardins propres et luxuriants. Cela ne dure toutefois jamais bien longtemps et le lecteur replonge vite dans un univers de fange.

C’est donc un livre à réserver à un public averti, plutôt adepte des récits fantastiques très noirs, d’autant que le scénario n’est pas totalement linéaire. Un voyage vers le cauchemar qui risque de perdre du monde en route.

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