Watertown

Dessinateur :


Scénariste :


Coloriste :


Éditions :

CASTERMAN

Genre :

Fiction

Policier

Sortie :
ISBN : 9782203096608

Résumé de l'album Watertown

 
Philip Whiting menait sa petite vie bien réglée d’agent d’assurance sans histoire jusqu’à ce qu’un événement le pousse à jouer les enquêteurs. Mr. Clarke, le gérant d’un commerce où il se rendait régulièrement, était en effet décédé un beau jour, écrasé sous une lourde étagère qui lui était tombée dessus, et sa mort coïncidait avec la disparition inexpliquée d’une de ses employées, ce que Whiting avait toujours trouvé bizarre.

L’affaire avait été classée, la thèse de l’accident ayant été retenue. Mais deux ans après les faits, Whiting, ayant croisé dans une autre ville la fameuse employée qui avait disparu, s’était lancé le défi de faire éclater la vérité. Il s’attacha dans un premier temps à comprendre pourquoi Maggie Laeger n’avait plus jamais donné de nouvelles et cette première phase de son enquête le conforta dans ses doutes puisque lorsqu’il entreprit d’interroger sa suspecte, cette dernière lui mentit sur son identité ! Effrontément, vu qu’il la connaissait bien pour avoir été servi quotidiennement par elle pendant plusieurs années lorsqu’elle travaillait pour Clarke...
 

Par Sylvestre, le 01/02/2016

Notre avis sur l'album Watertown

 
Philip Whiting considérait sans doute qu’il avait une vie trop rangée pour qu’un jour, après avoir été touché par un fait divers, il s’auto-promeuve enquêteur et décide d’investiguer sur une affaire qui avait été officiellement classée mais qui, d’après lui, "ne tenait pas debout". S’il réussissait à faire éclater la vérité, c’en serait fini de l’anonymat dans lequel il vivait petitement, et cette perspective devait lui plaire... Philip Whiting le pressentait : trop de coïncidences ne pouvaient que cacher quelque mystère, et ce mystère, il allait l’élucider ! C’est ainsi qu’un jour, après avoir fait une découverte importante, il a pris une semaine de congé et s’est lancé dans l’aventure, partant à la recherche d’indices, de témoignages, bref, de tout ce qu’il allait pouvoir trouver pour enfin faire éclater la vérité sur cet accident mortel dont avait été victime un commerçant : un accident qui, pour lui, n’en était assurément pas un...

L’auteur Jean-Claude Götting donne à son personnage principal sans relief cette impulsion qui fait des hommes normaux des super héros, des gens qu’on reconnaîtra pour le bien qu’ils auront apporté à la société. Whiting coupe avec son quotidien réglé comme du papier à musique, et, plein d’assurance (héhé, c’est le cas de le dire), se met à vivre une nouvelle vie : celle excitante qui le fait courir après une sorte de trésor (la réussite, la résolution de l’énigme), celle palpitante qui le fait passer pour la première fois de sa vie une nuit dans son inconfortable voiture, celle qui lui donne la force d’aller vers les gens pour servir la juste cause dont il brandit l’étendard...

Et Whiting est en veine : ses investigations portent leurs fruits, les morceaux du puzzle s’assemblent, petit à petit. Un autre décès vient même s’ajouter au tableau pendant son enquête, ce qui achève de le conforter dans son idée que les vérités dites à propos la mort de Mr. Clarke n’étaient pas les bonnes ! Mais il y a aussi les obstacles : les gens qui se méfient de lui, ceux qui ne croient pas à sa thèse, les doutes qu’il se met à avoir de temps en temps...

Pourquoi Whiting mène-t-il avec tant d’enthousiasme cette enquête qui doit faire du tort à une femme contre qui il n’a pourtant rien et qui jusque-là était restée épargnée ? Son initiative est-elle égoïste (en rapport avec la gloire qu’il tirerait des résultats de son enquête), ou sa volonté est-elle sincère de vouloir simplement remettre les choses "à leur place" parce qu’intellectuellement, s’il y a eu faute, elle doit être réparée ?

Dans cette bande dessinée Watertown, tout est dans les ambiances, dans les réflexions que mène Philip Whiting et dans la construction de son enquête... Les décors paisibles de cette Amérique des années 60, conjugués aux couleurs douces qu’applique Götting sur ses planches, sont un écrin idéal pour le manque de charisme de Whiting qui, lors de son enquête, va se gonfler d’un peu d’orgueil et mettre justement comme ça un peu de "couleur" (un peu de nouveau, un peu d’action...) dans sa vie.

Et on aime ! Il y a un rythme si spécifique... Et il y a du suspense, aussi, parce qu’on met nos pas dans ceux d’un enquêteur et on veut donc aller jusqu’au bout de ses investigations. Parce qu’on veut savoir ce qu’il en est de la culpabilité de Maggie, aussi...

Très bien fait, très prenant. Bravo !

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