Un certain cervantès

Dessinateur :


Scénariste :


Coloriste :


Éditions :

Futuropolis

Genre :

Drame

Roman Graphique

Sortie :
ISBN : 9782754809818

Résumé de l'album Un certain cervantès

Travaillant comme figurant dans un village pour touristes, Mike Cervantes se voit arrêté par la police locale pour avoir cultivé illicitement des plans de marijuana. Après avoir purgé sa peine, il s’engage dans les Marines et part en mission en Afghanistan. Lors d’un de ses périples, il est capturé par les talibans et perd, lors de sa dure détention, son avant-bras gauche. Diminué physiquement et moralement à cause d’un traitement inhumain, Mike est rendu à ses pairs. Il retrouve son Arizona natal et sombre peu à peu dans une sorte de délinquance qui lui vaut de nouveau une arrestation. C’est lors de son séjour pénitentiaire qu’il s’intéresse à la vie de Miguel de Cervantès, le célèbre romancier à l’origine de L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche. A l’instar de ce chevalier mythique, Mike va se lancer dans une quête justicière pour le moins détonante.

Par Phibes, le 09/04/2015

Notre avis sur l'album Un certain cervantès

Après un silence de 3 années, Christian Lax revient dans le paysage de la bande dessinée avec un nouvel ouvrage qui s’éloigne complètement de ses dernières équipées cyclistes historiques (Pain d’alouette, L’écureuil du Vel’ d’Hiv) et qui nous plonge dans une évocation plus moderne et assurément bien inspirée.

Se déclinant sous la forme d’un one-shot, ce roman graphique au titre déjà un tantinet évocateur dresse le parcours d’un personnage américain on ne peut plus commun qui, à la suite de plusieurs coups du sort marquants (en particulier son épisode guerrier afghan), va basculer dans une sorte de déviance qui doit l’amener à marcher sur les traces de son fameux homonyme, le romancier Miguel de Cervantès, et de son personnage non moins fameux, Don Quichotte. Fort de cette association qui initie une interpénétration aventureuse originale, Christian Lax décrit chronologiquement les vicissitudes du dénommé Mike, au travers de faits divers et de rencontres certes loin de faire exception mais très représentatives d’une certaine tranche sociale déshéritée américaine.

Transposant son personnage mutilé en un justicier malhabile, l’auteur nous offre un road-trip animé à travers une partie des Etats-Unis. Jouant sur des accents d’amertume bien prononcés et sur une volonté progressive d’en découdre, Mike Cervantès nous transporte dans sa folle aventure, faisant fi de toute légitimité de ses actes mis à part le fait de tenter d’aider son prochain. Même si ces derniers sont totalement répréhensibles, on reste accrocher à ce curieux personnage à la fois désintéressé et pour le moins maladroit et trop direct dans ses agissements.

Il va de soi que l’illustration de la destinée tourmentée de Mike Cervantès est on ne peut plus remarquable. Christian Lax peut se targuer une fois de plus de mettre en évidence une partie graphique particulièrement léchée. A la faveur d’un réalisme dont il a le secret et d’un coup de patte tout en finesse, l’artiste offre une mise en image peu colorisée, agrémentée d’aplats de gris et de sépias en couleur directe superbe. Ses décors qu’il restitue sur des fonds qui peuvent aller de la petite vignette à la double page sont de toute beauté, confirmant ainsi le talent de cet artiste qui cherche à aller au-delà d’un certain conventionnalisme pictural. Côté personnage, là aussi, on perçoit une certaine authenticité, une profondeur dans les regards, une certaine détresse qui évidemment appui la quête justicière du protagoniste principal et qui tend à penser que Christain Lax est un excellent portraitiste.

Une histoire complète qui met en évidence une quête chevaleresque moderne pour le moins folle et dramatique. Du Christian Lax comme on l’aime !

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Nos interviews liées

Entretien avec Christian Lax

Interview réalisée par Melville et Placido à Angoulême à l’occasion du 39ème Festival International de la bande dessinée (janvier 2012).


Sceneario.com : Pain d’alouette est la suite de L’Aigle sans orteils sans toutefois réellement l’être. Comment est né votre projet ?
Christian Lax : Quand j’ai fais L’Aigle sans orteils je ne l’avais pas conçu comme pouvant avoir une suite mais vraiment comme un one shot, pour preuve la disparition d’Amédée. Mais il y a eu deux principales raisons pour lesquelles j’ai rebondis. La première est tout bêtement mercantile, comme L’Aigle… avait bien marché je me suis dit qu’il y avait peut-être un sillon à creuser. La seconde est que j’aime le vélo (c’est un sport que je pratique) et j’avais envie de revenir dans cet univers du cyclisme et de cette époque de l’entre-deux guerres, donc pourquoi pas raccrocher cette histoire à L’Aigle… de manière à avoir une « œuvre » qui se tienne un peu [...]

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