RWANDA 1994 #1 Descente en enfer

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Dessinateur :


Scénaristes :



Éditions :

ALBIN MICHEL

Genre :

Drame

Guerre

Historique

Sortie :
ISBN : 222615809X

Résumé de l'album Descente en enfer

Mathilde est une jeune mère de trois enfants. Elle vit au Rwanda. Elle est rwandaise, de l’ethnie Tutsi. Ce jour de mai 1994, elle va apprendre ce qu’il en coûte d’être né(e) Tutsi en cette fin du XXème siècle. En effet, un attentat contre le président du pays va mettre le feu aux poudres et va lever les Hutu contre les Tutsi. Du jour au lendemain, le Rwanda devient un véritable terrain de chasse. C’est la guerre civile, une guerre honteuse qui fera de tout un chacun un ennemi pour l’autre.
Le bébé de Mathilde sera providentiellement sauvé car pris en charge par Paul, un ami européen qui va réussir à embarquer sur un vol de rapatriement pour expatriés occidentaux. Mathilde et ses deux autres enfants n’auront pas la chance de faire partie du voyage. Comme des millions d’autres personnes, ils vont se retrouver seuls à devoir défendre leur peau dans un pays qui ne veut plus d’eux...

Par Sylvestre, le NC

Notre avis sur l'album Descente en enfer

Cette BD est le fruit d’un long travail d’enquête de Cécile Grenier qui signe, avec Ralph, le scénario. Une enquête qui l’aura tant retournée qu’elle n’aurait pas imaginé ne pas témoigner à son retour, même si ce n’est qu’après les événements qu’elle a foulé le sol rwandais.
Les belges ont colonisé ce petit pays. Ils avaient, il y a quelques dizaines d’années, placé les Tutsi aux postes importants de la nation. Mais quand ces derniers ont commencé à revendiquer leur indépendance, le régime de Bruxelles a changé les rôles en offrant aux Hutu les privilèges jusque là accordés aux Tutsi. Dès lors, les Tutsi n’ont cessé d’être chassés, d’être victimes, et de mendier de pouvoir revenir vivre en paix sur leurs terres. Avec le temps, leurs représentants ont créé le F.P.R. a qui est attribué l’attentat contre l’avion présidentiel rwandais, attentat déclencheur du génocide que Rwanda 1994 vise à nous faire vivre au niveau d’une personne comme vous et moi.
Le dessin de Pat Masioni est de qualité et ses couleurs reproduiraient bien les ambiances de cette région de l’Afrique centrale. Dès lors qu’on voit que ses remerciements, en page de garde, vont à de la famille à lui qui vit à Kinshasa, on imagine qu’il n’a pas dessiné qu’à partir de photos mais aussi d’émotions qu’il a dû ressentir lors de voyages là-bas.
La BD ne nous présente pas les événements comme l’ont fait les média à l’époque. On a donc l’impression que le drame qui a eu lieu était très local, mais on sait bien que la folie humaine s’est exprimée là-bas à très grande échelle. C’est ce qui fait prendre conscience, au travers le calvaire de Mathilde, que cette barbarie contemporaine s’est finalement passée sans qu’aient été effleurées nos consciences européennes... Et pourtant, à partir du moment où l’on peut s’identifier à l’héroïne, à partir du moment où l’info n’est plus généraliste mais ciblée humainement, on mesure encore plus l’horreur qui a brisé des millions de vies.
Un cahier d’information est judicieusement proposé après la BD et a le mérite de faire le point clairement sur les causes de ces 100 jours inhumains qui ont ébranlé le Rwanda. On en sort d’autant plus perplexe que l’on y apprend l’existence de possibilités pour les gens de "passer du statut" de Hutu à Tutsi ou inversement !!! Comme quoi cette guerre fut bien une guerre fratricide, donc intolérable. Les hommes se font manipuler jusqu’à leur perte, et cela dans l’intérêt de quelques-uns, souvent assis confortablement loin de tout ça. A côté de cela, je ne suis pas spécialiste de la question et je serais curieux de pouvoir comparer Rwanda 1994 au même type d’ouvrage, mais qui aurait été écrit "vu du côté Hutu"... Car sans mettre en doute ce qui nous est conté, je ne peux pas m’empêcher de constater qu’il y a un certain parti-pris faisant d’office des Tutsi les victimes et des Hutu les bourreaux. C’est tout à fait compréhensible puisque l’auteur se base sur des témoignages de Tutsi, mais soyons clairs, tout ça ne doit pas être si simple...
La BD joue là son rôle de témoignage et bénéficie d’un certain recul par rapport à la situation, ce qui va dans le sens d’une analyse intelligente. Elle est le tome 1 d’une série (d’un diptyque ?) qu’il me tient à cœur de lire jusqu’au bout. Et si le prix vous fait hésiter à l’achat, faites comme moi : faites-le vous offrir lorsqu’on vous demande ce qui pourrait bien vous faire plaisir !

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