Le maître caché de New York

Dessinateur :


Scénariste :


Coloriste :


Éditions :

GLENAT

Collection :

1000 feuilles

Genre :

Biographie

Culturel

Historique

Sortie :
ISBN : 9782723495844

Résumé de l'album Le maître caché de New York

 
Urbaniste américain dont l’œuvre est aujourd’hui critiquée parce qu’il avait – entre 1920 et 1970 – mis au centre de ses concepts l’automobile plutôt que l’humain, Robert Moses fut néanmoins un incontournable ambitieux dont le nom reste associé à l’étonnante évolution qu’il avait imaginée et menée pour la ville de New York. Retour sur un parcours "Rise and fall" hors du commun...
 

Par Sylvestre, le 31/01/2014

Notre avis sur l'album Le maître caché de New York

 
Ce livre est intéressant pour ce qu’il est et pour ce qu’il nous apprend. Il dresse un double portrait : celui de Robert Moses qui a donné son titre principal à l’album, et celui de la ville de New York à laquelle l’homme est indiscutablement associé tant celui-ci a pesé sur ce que la "Grosse Pomme" est aujourd’hui devenue. Personnage intelligent, visionnaire et ambitieux, Robert Moses est celui par qui la construction de nombreux ouvrages et édifices (certains parmi les plus prestigieux) a été possible. Il est aussi un homme qui a su "penser la ville" jusque dans ses moindres détails et aiguiser l’âme de cette cité multiethnique par excellence, bien souvent porte d’entrée pour les candidats au rêve américain. Entre les années 1920 et 1970, Robert Moses a su imposer son style et ses idées. Et s’imposer tout court tant il était influent et tant on n’osait plus refuser quoi que ce soit au décideur et à l’incontournable qu’il était.

Ce livre est intéressant aussi pour une particularité "scénaristique"... Dans cet album, même si certaines scènes cadrent Robert Moses dans des situations où on le "touche" comme si on appartenait à son cercle de proches, on n’échappe évidemment pas à une narration plus lointaine, plus globale, que je qualifierais de "narration diaporama" : c’est à dire avec de successives représentations de telles ou telles constructions dont la voix off nous parle. Ce qui est bien compréhensible : la liste de ce que New York lui doit est telle que l’album ne pouvait pas ne pas être un peu aussi un "catalogue" ! Mais là où je veux en venir quand je parle de particularité scénaristique de l’ouvrage, c’est au sujet du traitement qui est fait de Moses. Dès le départ en effet, il nous est présenté comme le personnage à admirer, ce qui d’ailleurs est bien légitime. Et de fil en aiguille (ou "de plage en autoroute" et "de pont en bâtiment", devrais-je dire !), malgré l’indiscutable apport qu’il a offert à New York et, in extenso, à ceux qui y vivent ou viennent s’y promener, Robert Moses est doucement chassé de son trône. L’arrivée dans le récit de Jane Jacobs, une opposante à sa "vision de la ville", fissure vignette après vignette la carapace dont s’était affublé le grand "chef d’orchestre urbaniste" ! Les auteurs parviennent en effet à ce que le lecteur change de héros, pour ainsi dire. A voir comment Moses a évolué, à se laisser raconter tel ou tel de ses comportements, à voir aussi (et surtout ?) comment ses élans créatifs ont fini par nuire à l’homogénéité et au bien fondé de l’ensemble urbain en répondant de plus en plus à des critères plus terre à terre, on se laisse convaincre que s’il a été très important, il a fini par être représentatif d’une époque et d’une façon de faire qui se sont fait dépasser. Hommage est donc bien rendu à Robert Moses, certes, mais "à la fin" il ne fait plus l’unanimité ; sans pour autant que d’un seul coup il soit question de détruire tout ce qu’il a fait.

C’est au binôme Pierre Christin (scénario) et Olivier Balez (dessin) que l’on doit cet album ; un voyage historique dans un New York comme vous ne l’aviez sans doute jamais appréhendé.
 

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Nos interviews liées

Entretien avec Pierre CHRISTIN

Public : Vous êtes scénariste, quels conseils donneriez-vous à ceux d’entre-nous qui souhaiteraient se lancer dans ce métier ?
Pierre CHRISTIN :
A l’époque où j’ai débuté, dans les années soixante, on devenait scénariste un peu par hasard. Il s’agissait essentiellement de travaux pour les magazines destinés à la jeunesse.
Je suis donc rentré dans la BD par effraction. En voyage aux USA avec mon ami Jean-Caude Mézières, on n’avait plus un sous pour se payer le voyage retour. Suite aux conseils d’un ami, Jean Giraud (alias Moëbius), j’ai commencé à envoyer des histoires à un certain Goscinny pour le magazine Pilote. Il s’agissait avant tout de boucler les histoires, des premières idées jusqu’à la publication, dans la semaine. Il fallait aller rapidement, sans forcément connaître le dessinateur auquel serait attribuée l’histoire [...]

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