Riposte

Luca di Serafino est un maitre d’armes qui met son art au service des studios d’Hollywood, il orchestre les combats sur les scènes de films de cape et d’épée. Grand escrimeur, pour lui le film et son scénario importe peu, le réalisateur aussi du reste, seul compte le combat qui doit être authentique, respecter les règles de l’escrime tout en mettant en avant le côté spectaculaire.

Par olivier, le 15 février 2016

Notre avis sur Riposte

Autant dire que Luca est insupportable sur le tournage, imbus de sa personne, méprisant et odieux avec les escrimeurs engagés par le studio.
Dans le milieu des studios, court une légende sur son compte, il se dit qu’il aurait fui l’Italie après avoir tué un homme en duel.

Un soir qu’il quitte une petite fête organisée par le producteur du film où il dirige l’équipe de bretteurs, il est brutalisé et se retrouve à l’hopital, lorsqu’il en sort c’est pour s’apercevoir que son appartement a été retourné et qu’une arme à feu a disparu de son coffret alors que ses épées n’ont pas bougé. Une petite phrase lâchée par ses agresseurs lui fait penser que leur commanditaire n’est autre que son producteur.
La rage au ventre, il se rend immédiatement chez lui et le provoque en duel.

Dan Christensen, lui-même escrimeur, nous propose un polar surprenant. Le récit totalement orienté dans la première partie de l’album sur la formation d’épéiste de Lucas et l’arrière-plan du tournage du film qui nous plonge dans l’ambiance hollywood des années 40 où Errol Flynn est l’acteur incontournable de ces films de genre, vire très subtilement vers le thriller.
Le scénariste va maintenir le suspense jusqu’à la fin, jusqu’à la dernière planche et ce qui a pris naissance à Venise s’accomplira dans une somptueuse villa de Californie.

Riposte est une histoire d’honneur et de vengeance mais surtout de mensonge et de faux semblants où chaque personnage a sa part d’ombre. Des acteurs, des producteurs, des femmes fatales, de l’amour et de la manipulation, tous les ingrédients nécessaires à un récit sombre et tortueux sont subtilement agencés par Dan Christensen pour mieux surprendre le lecteur.

Soutenu par un graphisme ligne claire où les aplats noirs font ressortir les nuances de gris et de blanc, cet album s’apprécie comme une friandise, balançant le lecteur entre le charme suranné des années 40 pour l’ambiance et la modernité du trait qui doit beaucoup aux comics.

Par Olivier, le 15 février 2016

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