REVANCHE
Société anonyme

Le sieur Perini l’a amère. Il vient de se faire jeter de sa boîte comme un malpropre et plutôt de façon abusive. A l’agence du Pôle Emploi, son cas semble difficile à traiter considérant la crise qui sévit. Seule solution qui pourrait éventuellement l’aider, celle de prendre sa "Revanche". Pour cela, il se rend chez un bouquiniste et rencontre dans l’arrière-boutique un curieux personnage, se surnommant Tom Joad. Ce dernier lui propose de s’occuper de son cas et plus particulièrement de celui qui est l’auteur de ses déboires, son ancien patron. L’affaire est traitée rapidement et de main de maître. Quel est donc ce curieux justicier des temps modernes ? Il s’appelle Thomas Revanche et partage son temps officiellement à travailler pour le compte de la Présidente de la plus grosse organisation patronale du pays et par ailleurs, en souterrain, à s’occuper radicalement des patrons véreux. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le boulot ne manque pas !

 

Par phibes, le 8 avril 2012

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Notre avis sur REVANCHE #1 – Société anonyme

La collection Treize Etrange de chez Glénat est source d’inspiration pour Nicolas Pothier. Après, entre autres, Ratafia, Voies Off, Junk, Caktus, ce dernier complète le catalogue avec son ouvrage dernier-né Revanche.

Ce premier tome bénéficie d’une saveur très particulière, eu égard au rôle du "super héros" de cette saga. En effet, Nicolas Pothier a pris comme initiative de créer un personnage sans artifice et tout en ambiguïté, d’un côté fricotant docilement au grand jour avec la plus haute instance représentative du patronat et de l’autre, officiant dans l’ombre une vindicte revancharde anti-patronale. A n’en pas douter ce curieux et sympathique amalgame donne l’occasion au personnage principal de se dévoiler dangereusement dans plusieurs affaires pour lesquelles il a été missionné. Sa radicalité et sa manière de faire tomber les dirigeants pourris qui polluent le système et qui grèvent la couche ouvrière, se révèlent dans une évocation justicière soutenue (les affaires ne manquent pas), servie par une voix-off incisive et des dialogues très habiles.

Il va de soi que cette histoire qui pourrait coller à une certaine actualité brûlante, n’en est pas moins un gros clin d’œil à de nombreux univers de quête justicière tels qu’a su initier par exemple Will Eisner avec Spirit auquel il est souvent fait référence dans les vignettes ou par Robert Steinbeck avec Les raisins de la colère. Si il y est bien question de dénonciation d’abus et de quête de justice sociale, l’aventure n’en est pas moins distrayante car la gravité des faits, bien qu’elle soit posée, ne fait qu’effleurer celle-ci et que le jeu et l’organisation de la réplique est beaucoup plus conséquente.

De son côté, Jean-Christophe Chauzy excelle dans le domaine graphique. Son trait particulièrement séduisant, que l’on peut parfois croiser dans le magasine Fluide Glacial ou que l’on a pu apprécier dans Bonne arrivée à Cotonou, Petite nature… et tout dernièrement dans La vie secrète de Marine Le Pen, est bien maîtrisé, doté d’une grande expressivité, du sens du mouvement et d’une colorisation un tant soit peu vive qui convient. Sa galerie de portraits est très généreuse, et se veut être des plus représentatives de notre société.

Sus aux inégalités, aux abus de pouvoirs et aux malversations patronales, vive l’équité sociale. Votre Revanche est enfin là, dans toute son efficacité, il suffit de la solliciter et de la découvrir dans ses premières manifestations !

 

Par Phibes, le 8 avril 2012

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