Retour au Kosovo

Dessinateur :


Scénariste :


Coloriste :


Éditions :

DUPUIS

Collection :

Aire Libre

Genre :

Document

Guerre

Intimiste

Sortie :
ISBN : 9782800156262

Résumé de l'album Retour au Kosovo

Gani Jakupi revient sur la situation au Kosovo, il y a une quinzaine d'années, alors qu'il revient, en 1999, après la guerre, pour retrouver sa famille le pays. Le pays est à ce moment là le théâtre d'une guerre civile, meurtrière, absurde et implacable. Cet album est donc le récit de ce retour, de ces impressions qui le prennent de plein fouet, alors qu'il voyage à travers le pays, accompagné d'un photographe, dans le cadre d'un documentaire !

Par Fredgri, le 07/10/2014

Notre avis sur l'album Retour au Kosovo

Dès les premières pages, on est certes touché par les textes de Jakupi, mais c'est surtout l'atmosphère graphique qui marque tout de suite les esprits. Jorge Gonzales réussit une nouvelle fois un véritable coup de maître en transposant ces mots qui racontent les impressions en revenant dans un pays détruits, qui ne s'est pas encore complètement débarrassé de ses cauchemars.
Gonzales joue sur les atmosphères, sur les flous, il nous plonge parfois dans des cases ou l'on ne distingue que vaguement une forme. Les ambiances se troublent, parfois pesantes, parfois colorées, elles nous entraînent dans des paysages meurtris, dans un pays qui tente de se reconstruire progressivement, alors que les coups de feu, les hurlements résonnent encore aux oreilles de tous.
En parallèle, les textes de Jakupi mélangent témoignage vivant, plein d'émotion et déscriptions presque cliniques des évènements. On comprend vite que la situation sur place est très compliquée, que les enjeux politiques locaux ne sont pas toujours très clairs et que tout est de toute façon déformé par l'énorme charge de violence qui a déferlé sur ce pays et ses habitants.

Jakupi se contente, la plupart du temps, de raconter son voyage, ses rencontres et les impressions qui rythment les journées, il glisse deçi delà des notes plus "politisées", mais ne tombe pas non plus dans le panneau du débat franchement ouvert, même s'il ne cache pas sa position. Cet album reste un témoignage, un retour aux sources qui s'attache aux êtres humains avant tout, bien plus qu'aux raison propres de ce conflit (ce qu'il développe bien plus en fin de volume, à travers le dossier superbement illustré par les croquis de Gonzales !!!).

Et c'est pourquoi cette lecture est éprouvante, car elle nous révèle une crise humanitaire bouleversante, ou des milliers de gens ont été massacrés gratuitement, en toute impunité, traumatisant à jamais un pays entier !
De plus, c'est un album très dense, avec pas mal de textes très forts, qui ne se lisent pas à la va vite. Il faut rester concentré car mine de rien c'est important de bien être attentif, de bien suivre.

L'histoire moderne est de plus en plus ponctuée par ce genre d'actualités dramatiques qui pourraient presque nous faire douter de l'homme et de sa bestialité, mais au détour d'une page on voit poindre le nez d'une touche de couleur, d'une bribe d'espoir, un concert improvisé, des enfants qui jouent, une famille qui se rassemble autour d'un enfant... Tout n'est pas perdu, heureusement !

Un très très bel album qui ne laisse pas indifférent !

Par , le

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Interview de Gani Jakupi pour La dernière image

Sceneario.com : Bonjour, et merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à ces quelques questions !

On apprend dans votre postface que le reportage que vous étiez parti faire n’est finalement jamais paru. Mais votre voyage a bien eu lieu, et, parti à l’époque pour témoigner dès votre retour, vous saviez que vous alliez revenir en ayant des choses à présenter... Vous aviez donc la matière, de frais souvenirs, vous aviez vos notes de terrain, aussi, ainsi que les photos de celui que vous avez appelé Domingo dans la BD... Mais alors, comment se fait-il alors que cette bande dessinée soit sortie si longtemps après les faits ?
Gani Jakupi : Le mérite ne me revient pas. Ce livre n’aurait jamais vu le jour si Clotilde Vu, directrice de la collection Noctambule, ne s’était pas passionnée pour le sujet [...]

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