RESTE DU MONDE (LE)
Tome 1

Après avoir passé tout le mois d’août dans un chalet proche du petit village pyrénéen de Cazeaux, Marie et ses deux enfants, Jules et Hugo, se préparent à rentrer sur Paris. Le moral n’est pas forcément au beau fixe surtout que la jeune femme n’a pas, malgré ces vacances, encore accusé le coup de sa séparation avec son mari. Afin d’avoir les coudées franches pour ranger le chalet, Marie a confié ses enfants à son amie Suzanne. Durant le nettoyage où elle se voit dérangée intempestivement par les mouches, elle s’aperçoit que le ciel s’est obscurci sévèrement. Dans un vacarme étourdissant, la foudre tombe à proximité et déclenche les hostilités Vent, pluie, éclairs se déchainent et s’abattent copieusement sur le chalet et son environnement, augurant une tempête sans précédent. Comble de malchance, un séisme se déclenche et provoque de gros dégât sur la maisonnée. Marie est blessée par la chute d’une partie du toit et perd connaissance. Lorsqu’elle reprend ses esprits et qu’elle va au dehors, un paysage de désolation s’ouvre à elle. En essayant de prendre sur elle, la jeune femme décide de descendre au village pour retrouver ses enfants.

Par phibes, le 12 avril 2015

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Notre avis sur RESTE DU MONDE (LE) #1 – Tome 1

Jean-Christophe Chauzy s’éloigne un tant soit peu de ce qu’il a l’habitude de faire. Plutôt que de revenir dans le registre du policier et de l’humour satirique où il excelle, il prend ici un chemin semble-t-il inexploré et s’engage dans une aventure oppressante aux accents post-apocalyptiques très prononcés.

Cette première partie nous introduit dans l’intimité d’une famille tout à fait commune déchirée, constituée d’une mère (Marie) et de ses deux enfants (Jules et Hugo). C’est la fin du mois d’août, nous sommes proches de la rentrée scolaire et de la reprise du boulot. Certes Marie a une autre préoccupation qui lui a bouffé ses vacances et qui concerne sa rupture avec son mari. Aussi, l’heure n’est pas forcément à la fête. Mais malheureusement ce n’est pas terminé puisque cette contrariété lancinante va prendre des proportions autrement plus démesurées lorsqu’un fait inhabituel (la fureur des éléments) va se déclarer et la lancer dans des péripéties à haut risque.

Force est de constater que l’auteur, de par le choix de sa thématique, trouve l’occasion de signer un scénario catastrophe particulièrement prégnant. A cet égard, on ne pourra se détacher du parcours intrigant et éprouvant de son personnage principal qui, à tout moment, se doit de lutter contre une mère nature particulièrement infernale et qui semble devenue un adversaire à part entière. Partageant les tourments de l’héroïne, Jean-Christophe Chauzy trouve la juste évocation catastrophique qui sied pour susciter l’attrait de son aventure, se jouant au fil des recherches, des rencontres mortelles, des mouvements incertains des éléments, des agissements terriblement désordonnés de ses pairs face à la catastrophe et nous faisant frémir à chaque planche sans lâcher à aucun moment la tension.

La partie graphique se veut totalement en conformité avec le scénario. En auteur polyvalent, Jean-Christophe Chauzy nous sert un dessin superbe qui, au travers de vignettes qui vont de la plus petite à la double page, met bien en évidence des paysages montagneux tourmentés par les éléments déchaînés, très convaincants pour leur côté réaliste. Côté personnages, là-aussi, on perçoit que l’artiste a mis la barre haute de manière a bien camper cet effroi que peut susciter une telle catastrophe grâce à un jeu expressif averti. Il va de soi que la colorisation directe remarquablement exploitée apporte un gros plus à la qualité générale de cette mise en image époustouflante.

Un album catastrophe particulièrement abouti qui a l’avantage de faire monter la pression très rapidement, de la maintenir au maximum tout du long et la faire tomber d’un coup à la fin, rien que pour frustrer volontairement le lecteur (qui n’était pas préparé à une suite). Monsieur Chauzy, dépêchez-vous de nous donner la suite, on veut savoir ce qui est arrivé au reste du monde !

Par Phibes, le 12 avril 2015

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