RECONQUÊTES
Le sang des Scythes

A l’issue de la bataille qui s’est déroulée aux portes de la cité scythe Ziwiyé, la horde des vivants composée par les trois peuples nomades Sarmate, Cimmérien et Callipide pourraient s’enorgueillir de sa suprématie sur ses assaillants hittites. Il n’en est rien car les pertes sont très importantes et le chemin qui mène à la cité d’Urar où est retranché son adversaire, le roi hittite Hattushili, peut réserver de nombreuses surprises. Afin de pourchasser les survivants, un petit parti de guerrières Sarmates a été envoyé en éclaireur auquel s’est adjointe Thusia, l’énigmatique scribe envoyé par le roi de Babylone. Elles sont bientôt prises à parti par des forces kourganes et parviennent, au prix d’un lourd sacrifice, à s’extirper du piège tendu. C’est lors de leur retour douloureux au campement de la horde que Thusia commence à avoir ses premiers doutes sur la légitimité de sa participation au sein de la coalition scythe. Aussi, au vu de la gronde qui enfle au sein des sarmates vis-à-vis de la reine Simissée, Thusia décide alors d’agir pour recadrer la destinée du peuple des femmes guerrières et par ce biais, de finir par dévoiler sa véritable identité.

Par phibes, le 11 août 2015

Notre avis sur RECONQUÊTES #3 – Le sang des Scythes

C’est avec un réel plaisir que l’on retrouve cette grande fresque antique à laquelle Sylvain Runberg et François Miville Deschênes nous ont conviés depuis deux tomes et qui nous plonge dans les climats d’une guerre ancestrale que se livrent les Scythes représentés par la coalition fragile de 3 peuples nomades et les Hittites. Sous le couvert des divers roi et de leurs pairs, et également à la faveur de la participation de plus en plus active de la belle scribe babylonienne Thusia, le récit prend une dimension de plus en plus forte.

Si dans les précédents volets, celui-ci instillait une intrigue historique entreprenante eu égard aux agissements souterrains d’un assassin énigmatique motivé pour semer la zizanie dans la fameuse horde des vivants, cette suite détonante est l’occasion de conforter sensiblement le rafraîchissement des relations entre coalisés. Après avoir laissé paraître en fin de tome 2 un semblant d’euphorie chez ces derniers, Sylvain Runberg vient ici leur faire subir une crise majeure en les confrontant à des tensions intestines extrêmes.

Reléguant à un niveau inférieur les manigances des Hittites avec leurs nouveaux alliés, l’aventure préfère donc se focaliser sur cette fameuse horde et son devenir incertain. Le scénariste fait, avec adresse, monter d’un cran la fronde des Sarmates et précise enfin le rôle de Thusia à la faveur de l’intervention d’autres personnages clés et de retours en arrière dans le temps. De même, il fait naître un sentiment de trahison et un soupçon de romance. Il va de soi que le récit conserve comme il se doit la sauvagerie ambiante de la première heure associée à un fantastique qui n’est pas pour déplaire (suffisant pour rester dans des accents mythologiques). L’action reste violente, sans retenue aucune, sanglante à ses heures, retranscrite dans des affrontements hors normes et contrariée par la sensualité extrême de ses personnages féminins.

François Miville Deschênes persiste et signe dans ce graphisme dont il a le secret et qui permet de goûter à un réalisme toujours aussi esthétique. En totale communion avec les exigences de son scénariste, l’artiste met en avant une représentation d’une époque ancestrale particulièrement captivante. Ses personnages (surtout les femmes très dénudées et voluptueuses) restent d’une rare beauté (trop peut-être) et contrastent volontairement avec la violence ambiante des scènes des combats. Ses décors sont quant à eux on ne peut plus léchés offrant ainsi des panoramas superbes. La colorisation dont il est également l’initiateur apporte beaucoup grâce à ses tons variés et pleins de chaleur quand il le faut.

Un avant-dernier épisode percutant qui démontre plus que jamais l’équilibre très instable de la fameuse horde et qui fait avancer l’aventure d’un grand pas. Vivement le dernier tome pour voir où Thusia va nous mener. Aux portes d’Urar, certainement !

Par Phibes, le 11 août 2015

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