Pachyderme

Suisse romande 1951. Sur une route de campagne, une file de voitures est bloquée par un pachyderme allongé au milieu de la route. Une jeune femme distinguée remonte à pied cet embouteillage : elle se rend au chevet de son mari accidenté quelques heures plus tôt et lasse d’attendre, elle a abandonné sa voiture sur la route pour partir à pied, à travers bois, vers l’hôpital.
Arrivée sur place, elle va s’égarer dans le labyrinthe des couloirs du bâtiment.

Par olivier, le 4 septembre 2009

Notre avis sur Pachyderme

Un univers surprenant, bizarre, où le personnage central, Carice Sorrel, vit entre le réel et la délire, entre ses rêves, ses désirs, ses frustrations et la réalité banale d’une jeune femme qui veut quitter son mari. Ajoutez à cela un agent secret improbable et bègue de surcroît, un médecin alcoolique qui lui aussi dérape de la réalité, un gardien de cochons aveugle et vous pourrez à juste titre vous demander quel fil conducteur suivre.
En effet, plusieurs s’entremêlent à loisir et l’on peut aborder et lire cet album sur différents plans.
Cherchez le réel et vous trouverez l’histoire d’une femme qui veut quitter son mari, fonctionnaire qui la délaisse et avec lequel elle ne peut avoir d’enfants. Partez sur le fil policier, espionnage, et vous aurez l’histoire d’une épouse dont le mari pourrait travailler pour les services secrets.
Mais abandonnez toute idée de vraisemblance et vous aurez une histoire magnifique, fantastique et absurde où toutes ces réalités se mêlent, s’entrechoquent et vous égarent dans un univers impensable.
Avec un dessin réaliste et élégant, Frederick Peeters nous replace dans cette ambiance du début des années 1950, costumes, véhicules, décoration intérieure et accessoires sont garantis d’époque. Cette volonté de décrire aussi exactement cette période décale aussi notre appréhension du scénario. Nous sommes dans une réalité historique avérée et en même temps suffisamment loin dans le temps pour que nos repères ne fonctionnent plus : c’est là tout le talent de Peeters, il parvient à créer une atmosphère crédible mais lourde, où la folie est à fleur de page sans jamais sombrer dans le pur fantastique.
Il serait possible de discourir sur la schizophrénie de quelques personnages, de leurs relations ambigües, de la confusion des intrigues personnelles avec d’autres plus générales, et nous ouvririons de nouvelles pistes de lecture.
Bref, un album qui mérite d’être relu, car si la première lecture est déconcertante, les suivantes ouvrent à chaque fois de nouvelles perspectives captivantes.

Par Olivier, le 4 septembre 2009

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