NEXT WORLD
Tome 1

L’inspecteur Moustache a flairé l’histoire suspecte lorsqu’un jour, à la gare, il a entendu quelqu’un appeler à l’aide depuis l’intérieur d’une valise !!! Il a donc suivi le propriétaire de ladite valise qui s’est avéré être le célèbre professeur Yamadano.

Celui-ci, de retour de l’île Ferâche-Val, en a rapporté un spécimen vivant de créature extraordinaire comme l’île en abrite tant depuis qu’y sont faits des essais nucléaires…

Lors d’une conférence sur l’énergie atomique, Yamadano a voulu alerter les nations du danger que représentait le nucléaire. Mais tout ce qu’il a réussi à faire, c’est envenimer les relations déjà très tendues entre les Etats Alliées d’Améristar et l’Union d’Uran.

Peu après, une tentative d’attentat sur la personne du président de la conférence sur l’énergie atomique va pousser l’inspecteur Moustache mais aussi son neveu, et bien d’autres dans une aventure alliant politique, sauvegarde de la planète… et fantastique, si l’on en croit la déferlante de Fumoons à laquelle vous vous exposez en ouvrant cet ouvrage !!!
 

Par sylvestre, le 1 janvier 2001

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Notre avis sur NEXT WORLD #1 – Tome 1

Ce n’est que quelques années après les tout premiers essais nucléaires officiels qu’est paru Next world au Japon. Osamu Tezuka se voulait-il visionnaire ? Quelles étaient les craintes des Japonais à cette époque devant les informations qu’on voulait bien leur donner, eux qui quelques temps plus tôt avaient subi les catastrophes de Hiroshima et de Nagasaki ? Quoi qu’il en soit, le mangaka signait une BD accusatrice (si pas engagée) évoquant à mots à peine couverts les Etats-Unis et l’U.R.S.S. d’alors mais aussi les problèmes liés à une utilisation hasardeuse de l’atome.

Au fil des planches de ce tome 1, la créature extraordinaire découverte sur l’île Ferâche-Val (qu’on voit apparaître très tôt dans l’histoire) s’efface au profit de la rivalité est-ouest plus longuement traitée. Next world est donc bien une bande dessinée de science-fiction mais ce volume 1 laisse encore pas mal sur leur faim les lecteurs qui auraient voulu "plus de SF". Cela dit, on en apprendra déjà beaucoup sur Rococo et sur la supériorité sur les humains qu’elle montre dans certains domaines.

Alors jeune mangaka (il avait 23 ans), Osamu Tezuka avait pour Next world un coup de crayon qui se cherchait encore (par rapport à ce qu’on a lu de lui ensuite) et dans lequel on peut trouver des similitudes avec des premiers Walt Disney (auquel on trouve au moins un clin d’œil) ou encore avec Tintin au pays des Soviets. En imaginant certains de ses personnages marcher – Notarlin, notamment – on imagine aussi des démarches et des allures qui rappellent par exemple celles de Popeye ! Avec tout ça, on sent quand même nettement poindre le style qui rendra Tezuka plus populaire par la suite, avec ses Blackjack, ses Astro, j’en passe et des meilleures…

Au niveau de l’histoire, on ne pourra pas nier qu’elle se complique assez vite dans ce tome 1. Beaucoup de choses sont à intégrer, et gare à celui qui se perd un peu dans le casting : les transitions parfois brutales ne seront pas forcément là pour l’aider ; les relations et les ressemblances entre les personnages non plus !!! Enfin, l’équilibre entre les tableaux n’est pas toujours dosé comme le lecteur pourrait le souhaiter : on aimerait par exemple suivre un peu plus Rococo. Au lieu de cela, on passe beaucoup de temps dans la base souterraine secrète de l’Union d’Uran. Quant aux scènes de guerres de la fin de ce tome 1, elles sont assez délirantes et mettraient presque à mal le sérieux qu’on pouvait sentir dans la mise en place des enjeux. M’enfin, on comprend bien qu’on est dans le parodique… et, ne l’oublions pas, dans le manga !

Next world est intéressant à plusieurs titres. Déjà parce qu’il fait partie de l’œuvre du "dieu" ou du "papa" du manga, comme beaucoup n’hésitent pas à le surnommer. Ensuite parce qu’en soi, cette BD est une archive du 9ème art, une archive dépoussiérée et remise sous les feux de la rampe par les décidément "touche-à-tout" éditions Taifu !
 

Par Sylvestre, le 14 novembre 2008

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