Nathanaëlle

Dessinateur :


Scénariste :


Coloriste :


Éditions :

GLENAT

Genre :

Anticipation

Science Fiction

Sortie :
ISBN : 9782344019733

Résumé de l'album Nathanaëlle

Quelque part, très loin dans le futur, il y a désormais deux catégories de personnes ! Ceux qui vivent sous terre, qui s'imaginent être les survivants d’une prétendue apocalypse nucléaire… Mensonge entretenu par leurs geôliers qui leur passent en boucle des informations truquées. Et ceux qui vivent à la surface, qui font partie d'une élite qui s'affranchit du temps en se réincarnant progressivement dans d’autres corps humains ou des enveloppes de métal. Chacun ignorant l'existence de l'autre… Mais un jour, dans sa cellule souterraine, la jeune Nathanaëlle décide d'aller voir par elle-même et découvre la supercherie. Bien sur, cette "évasion" risque de mettre en péril l'équilibre de la société de la surface, il faut donc l'arrêter, voir même l'éliminer…

Par Fredgri, le 12/08/2019

Notre avis sur l'album Nathanaëlle

On avait pu découvrir, par le biais d'un court récit dans Aaarg!, le début de cette histoire ! On était intrigué par cette collaboration assez surprenante entre Charles Berberian et Fred Beltran, deux univers à priori aux antipodes l'un de l'autre, deux personnalités très marquées qui nous proposaient une ambiance SF assez particulière, à la fois vieillotte et dystopique !

En lisant cet album, nous allons bien évidemment plus loin que ce que nous avions jusque là aperçu ! Nous plongeons dans une société qui s'est scindée en deux, rejetant ses marginaux sous terre pour pouvoir ensuite se complaire dans une sorte de décadence inconsciente ou l'homme augmenté a pris le dessus, étirant sa vie par le biais de la technologie, en transférant son corps dans un autre plus sain ou en remplaçant les membres malade par des prothèses mécaniques… Allant même parfois jusqu'à se "réincarner" en robot… ! Cette utopie de surface n'est, on le devine assez vite, qu'une illusion, car elle a radicalisé l'autorité et creusé encore plus le fossé entre les différentes classes sociales.
C'est dans cette ambiance qu'évolue Nathanaëlle, qui découvre l'énorme mensonge qu'on lui a servi depuis tout ce temps. Non seulement le monde de la surface n'est pas détruit, mais en plus c'est toute une société qui les ignore, qui s'est développée dans l'oisiveté ! !

Cette intrigue futuriste nous renvoie vers une littérature prospective sombre et édifiante qui nous interroge sur notre rapport à la réalité, à notre société qui divise plutôt que rassemble. Mais aussi sur la nécessité qu'a l'homme de dépasser sa mortalité en améliorant coute que coute ce corps qui lui reflète chacune de ses faiblesses !

Alors oui, Berberian ajoute un vernis grotesque à l'ensemble, on sourit en écoutant cet homme qui s'est transféré dans un robot à café ou encore ce compagnon de cellule qui ne peut toucher Nathanaëlle et qui doit se contenter de regarder ses vidéos porno dans son coin ! Les détails sont croustillants, on se laisse glisser avec plaisir dans cette histoire habilement ficelée qui s'égraine au gré des digressions, des rebondissements et des coups de théâtre !
Une histoire passionnante servie par le sublime dessin de Fred Beltran qui se remet à la couleur directe, nous proposant des planches d'une incroyable fluidité !

Actuellement, la science fiction est de retour avec plusieurs albums très inspirés.
Je ne saurais assez vous conseiller de vous jeter sur ce "Nathanaëlle" par Berberian et Beltran. Une très belle surprise et un album surprenant !

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Nos interviews liées

Rencontre avec Charles Berberian

Sceneario.com: Vous avez une longue expérience en tant que dessinateur de BD, ce qui vous a amené à recevoir le Grand Prix de la ville d’Angoulême en 2008 ainsi que le Inkpot Award aux USA, depuis cette vague de succès comment vous définissez-vous aujourd’hui?
Charles Berberian:Cela correspond à une époque où je travaillais avec Philippe Dupuis et donc c’est autre vie,  je m’y projette de temps en temps pour retrouver des repères.
Cela fait partie de moi et alors les prix... je ne peux pas dire que je m’en moque car je suis fier de ce que nous avons accompli tous les deux. Je me réinvente, comme Philippe.
L’avantage de passer la cinquantaine c’est que c’est comme un second départ, une redéfinition de soi.

J’ai retrouvé des tas de choses qui dataient d’avant mon association avec Philippe, comme la manière d’aborder la BD, dont un fanzine où je changeais de style à chaque page, ce que j’ai reproduit dans Le Bonheur Occidental et qui correspond à une démarche où je me cherchais, où j’expérimentais [...]

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