Mortemer

Dessinateur :


Scénariste :


Coloriste :


Éditions :

SOLEIL

Collection :

Hanté

Sortie :
ISBN : 9782302002241

Résumé de l'album Mortemer

Ses parents étaient contre, mais Guillaume a fait de son héritage, l’abbaye de Mortemer, un parc d’attractions pour visiteurs attirés par les mystères de cette bâtisse qu’on dit hantée...

Hantée, elle l’est réellement, et cela, Guillaume le sait bien puisqu’il y côtoie des fantômes depuis bien des années maintenant. Mais une chose est par contre toujours restée un mystère pour lui : cette attitude des spectres qui se promènent toujours... la tête en bas !

C’est à l’occasion d’une tentative du pillage du trésor maudit de l’abbaye par quatre frères que le jeune propriétaire allait enfin comprendre pourquoi...
 

Par Sylvestre, le NC

Notre avis sur l'album Mortemer

Bienvenue dans un des lieux réputés pour être les plus hantés de France ! Brrr... Mortemer... Rien que ce nom, qu’on imagine être porteur d’une certaine histoire du site, donne des frissons. Pas étonnant, dès lors, que ce soit dans la nouvelle collection "Hanté" des éditions Soleil que paraisse ce one-shot scénarisé par Valérie Mangin et dessiné par Mario Alberti.

Mortemer est une fiction fantastique. Pas de doute, puisque dès la première vignette on est dans les années 2050. Et quoi ? Si des fantômes existent depuis des siècles, hantant manoirs et autres landes désertes, avoir imaginé cette histoire dans le futur n’est pas pour autant à côté de la plaque et s’impose même comme étant originale.

N’empêche que c’est peut-être cette situation dans le temps qui rend moins angoissant le suspense. Avoir transformé le domaine de l’abbaye en une sorte de Ghost Land, avoir mis en scène quelques personnages funky comme la présentatrice de télé, ou avoir choisi de faire évoluer les fantômes la tête en bas rendent effectivement moins forte la notion d’épouvante. D’autant plus que rien, finalement, ne justifiait vraiment ce choix du futur : le récit aurait pu faire le même effet s’il s’était déroulé au présent. Peut-être plus d'effet, même, puisque l’abbaye de Mortemer existe bel et bien et que le lecteur peut s’y rendre pour retrouver les décors de la BD - mais sans le parc d’attractions. Dès les premières planches, le lecteur est d’ailleurs invité à vérifier sur internet que le background n’est pas en carton-pâte et que même en ne tapant que le mot Mortemer dans un moteur de recherche d’images, on tombe assurément sur différents visuels ciblés : les bâtiments de l'abbaye, bien entendu, mais aussi cette fameuse Dame Blanche qu’on croisera dans l’album...

Les auteurs se sont donc plus fait plaisir qu’ils n’ont voulu nous horrifier en orientant leur thriller vers le moderne, voire la comédie (le parc, le mariage costumé, le tabloïd...)

Mais cela n’enlève pas que cette œuvre est en soi un véritable tour de force artistique puisque par ces costumes, par exemple, mais aussi par l’utilisation d’une palette de couleurs assez sombres, d’un récit planté dans un futur un peu excentrique on assiste en fait à toute une aventure qu’on situerait plutôt au Moyen-Age si on n’avait que survolé l’album ! Comme quoi les ambiances, si elles sont spéciales, sont maîtrisées et là encore, soulignent l’originalité du projet. Reste à savoir maintenant si la collection Hanté restera dans ce style à cheval entre deux registres ou si elle finira ou non par axer son offre sur du hanté plus classique...

Mortemer est pour ses auteurs un pari qu’il fallait faire. C’est pour les lecteurs un one-shot pour frissonner sans avoir peur d’aller se coucher ensuite.

A noter qu’à la fin de cet ouvrage comme de chacun des autres de la collection Hanté, vous trouverez un cahier supplémentaire de textes et de photos de repérage prises par les auteurs.
 

Par , le

Nos interviews liées

Moi, Jeanne d'Arc

Sceneario.com : Vous affichez une vision de la Pucelle fort éloignée de la guimauve patriotique habituelle, est-ce par provocation?
Valérie Mangin : Au départ, non. Mais c’est vrai que l’album est vécu comme une provocation par certains lecteurs. Traditionnellement,  Jeanne d’Arc est une sainte. C’est la Pucelle comme vous le dites dans votre question, alors la montrer « à poil », ça ne se fait pas… même en 2012 !
Pourtant, je n’ai pas eu l’impression de lui manquer de respect. Au contraire, je lui ai rendu son humanité. Pour moi,
Jeanne d’Arc est d’abord une vraie femme avec un corps, des émotions et des pulsions sexuelles. Ensuite c’est une femme qui a soif de liberté et d’accomplissement. Elle ne devient pas sorcière puis chef de guerre parce que Dieu ou le Cornu le lui ordonnent mais par choix personnel, pour vivre pleinement sa vie [...]

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Valérie Mangin scénariste

Sceneario.com: Qui est Valérie Mangin?
Valérie MANGIN:
« Elle » ? Il faut que je parle de moi à la troisième personne comme César ou Delon ? Allons-y : C’est une femme avec une personnalité multiple. Le jour, Valérie est une sympathique directrice de collections, historienne de formation, qui aide des auteurs de BD à accoucher de leurs histoires. Mais la nuit, elle devient « Mangin » une scénariste farfelue qui invente des tragédies cosmiques et des récits fantastiques gores.

Sceneario.com: Vous sortez donc ce mois ci chez Quadrant Solaire votre nouvelle série KGB, quel effet ça fait? Des peurs? Des envies? Oui, tout cela à la fois.
Valérie MANGIN:
J’oscille entre la grande joie de voir enfin le résultat de deux ans de travail acharné et la peur d’être moi-même déçue par mon album que j’ai à chaque livre [...]

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de Mario Alberti et Luca Enoch, les auteurs de Morgana

SCENEARIO.COM: Bonjour Mario et Luca. Avant toute chose, pouvez-vous vous présenter et décrire votre parcours professionnel ?
Mario Alberti: Je pense que c’est en 91 que j’ai fait ma toute première BD, une courte histoire de SF de 4 pages dans un fanzine. J’ai eu de la chance : l’Intrepido, un vieux magazine, recherchait des nouveaux talents et il me recruta peu après. J’ai fait quelques histoires pour eux (sur des scripts de Michelangelo La Neve, qui est maintenant scénariste de « Le Jour des Magiciens », également pour les Humano), et ensuite j’ai rejoint l’équipe d’artistes pour « Nathan Never » et « Legs Weaver », 2 séries de SF publiées par Sergio Bonelli. Je travaillais depuis lors sur celles-ci et j’ai seulement arreté cette année quand j’ai réalisé que j’étais trop impliqué dans mes projets avec les Humanoïdes Associés et que vouloir faire trop de choses à la fois nuirait à la qualité de mon travail [...]

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