MIKROS ARCHIVES
Les Titans microcosmiques

(Mustang 54 à 67)
Boby Crabb, Priscilla Conway et Mike Ross sont trois amis sportifs de très haut niveau qui se sont rencontrés sur les bancs de Harvard, en cours d’entomologie. Au sommet de leur carrière, bardé de médailles d’or et multiples champions du monde ils décident de se retirer des compétitions pour se consacrer soit à leurs études, soit à leurs recherches. Alors que Mike étudie les insectes dans son laboratoire il réussit à capter les ondes qui leur permet de communiquer entre eux. Autour de la Terre, un vaisseau extra terrestre Svizz détecte cet "échange" et décide d’enlever Mike et ses amis afin de les transformer en insectes hybrides. Mais l’expérience est interrompue, laissant les trois héros transformés en trois êtres aux super pouvoirs. Afin de les neutraliser les Svizz enlèvent Priscilla (devenue Saltarella) et partent pour leur galaxie d’origine. Mike, devenu Mikros, et Crabby décident de partir secourir leur amie. Mais une fois leur mission accomplie, ils se rendent compte que dorénavant, sur Terre ils sont considérés comme des parias, malgré tout ils doivent absolument tout faire pour prévenir l’humanité du danger qui la menace…

Par fredgri, le 17 octobre 2013

Notre avis sur MIKROS ARCHIVES #1 – Les Titans microcosmiques

En Juin 1980 arrive donc le tout nouveau mensuel proposé par Lug: "Mustang" (qui reprend la numérotation du pocket du même nom précédemment arrété), mais ne contenant exceptionnellement que des créations maison. On découvre ainsi Ozark l’indien, Photonik le super héros lumineux, mais surtout nous rencontrons la série phare Mikros !
Aux manettes on retrouve Jean-Yves Mitton (Blec le rock) sous le pseudo de John Milton qui écrit et dessine la série !

Dès les premières pages nous entrons dans un univers qui lorgne sur les comics américains au travers d’une intrigue au premier abord assez simpliste, voir même caricaturale, mais à y regarder de plus près… Les personnages sont introduits sans trop s’y attarder, décrits comme des athlètes de très haut niveaux, aux performances hors du commun, si ce n’est carrément surhumaines. Ils sont à eux seuls un amalgame du meilleur de Marvel, avec une forte référence aux FF (d’ailleurs Mike passe son temps devant ses écrans, dans son labo, tandis que la belle Priscilla (qui sera ensuite souvent confinée dans son rôle de second rôle, d’ailleurs sa première prestation consiste à jouer les belle en détresse) l’attend accroupie à ses pieds, le meilleur ami Crabb est l’épicurien mal dégrossi du lot, allant même parfois faire référence à une mystérieuse tante Aurelia…). Les codes sont malgré tout tellement pris à la lettre, comme si on voulait presque réitérer la formule des débuts de Marvel avec même l’idée d’apostropher en début d’épisode, et dans la dernière case, le lecteur lui même, en lui promettant une lecture des plus surprenantes etc. que très vite on continue la lecture en s’imaginant à la limite de la parodie respectueuse. Toutefois, dès que les héros se retrouvent avec leurs nouveaux pouvoirs, dès qu’ils affrontent les Svizz, le ton change légèrement et, mis à part les quelques touches d’humour glissées par le biais de Crabby, devient nettement plus sérieux. On parle vite de danger pour l’humanité, de rejet, les héros ont un message à faire passer, mais personne ne les écoute, on a peur d’eux, ils deviennent des parias. Une nouvelle fois, la recette de base de Marvel, jouer sur l’empathie du lecteur et amener un décalage entre ce que le héros doit accomplir et les mille et un écueils qui se dressent entre lui et sa mission !

A cette époque le lecteur de comics, de Strange et donc de Mustang, est majoritairement assez jeune. Lug mise donc sur des récits très abordables, sans chichis. Toutefois, ce qui est vraiment intéressant justement avec Mikros, c’est qu’au delà de cette écriture assez "basique", très vite les auteurs vont inscrire leur série dans un contexte plutôt tendu, voir inquiétant. On y parle d’envahisseurs extra-terrestres insectoïdes, de domination de la planète, les auteurs se mettent eux même en scène dans des épisodes apocalyptiques mélant guerre froide, missile nucléaires, espionnage avant de confronter Mikros et ses amis à Vaudou… Le tout en une seule année !
La série perd donc assez rapidement de son innocence des débuts pour mettre en avant un monde loin d’être aussi naïf qu’il aurait pu le sembler !
L’écriture ne gagne pas pour autant en finesse, mais elle reste passionnante car très vivante et prenante. On suit ces personnages, scotché par leur multiples aventures, par ces rebondissements qui en fin de compte sont tous plus surprenants les uns que les autres ! Les auteurs ont su se réapproprier les recettes déjà éprouvées des comics us en forçant des thèmes très contemporains autour d’un trio particulièrement bien caractérisé, très efficacement.

Alors bien sur cette série est aussi le reflet des peurs de l’époque, le nucléaire, la guerre froide, la peur des puissances étrangères, la stigmatisation… Et c’est assez audacieux pour un titre sensé s’adresser à un jeune lectorat qui suit chaque mois les aventures de Spider-Man ou des X-Men. Mais ici on a aussi des vrais méchants et des héros qui s’impliquent, même malgré eux !

Lu aujourd’hui, la série a tout de même un peu vieilli, l’écriture assez maniérée y est pour beaucoup. D’autant que Mikros va continuer une seconde carrière toute aussi passionnante dans Titans (avec même un cross over avec Photonik à paraître en Novembre, toujours chez Delcourt !!! ). Mais ce qui reste un vrai plaisir non négligeable c’est le dessin de Mitton. A l’époque il est encore très influencé par les ricains, Buscema en tête, mais son trait est propre et efficace. De plus, il a un sens de la narration ultra dynamique qui fait mouche tout de suite. C’est vraiment du bon comics mainstream captivant !

En commençant cette publication en Intégrale noir et blanc, Delcourt s’inscrit dans la même mouvance passéiste qui nous permet actuellement avec bonheur de voir sortir, pratiquement en même temps, le premier volume de l’Intégrale Photonik chez Black & White Editions (et il y a quelques temps Hexagone proposait aussi l’intégrale Ozark !!!). Les fans de l’époque reviennent ainsi sur ces histoires qui nous ont tous fascinés gamins, avec la volonté de rendre hommage aussi à ces créateurs très inspirés.
Mais au delà de ces groupes de fans, c’est aussi le moyen pour un public plus jeune, actuellement, de redécouvrir ces formidables histoires restaurées respectueusement et espérons le de s’y perdre à leur tour ! D’autant que le noir et blanc met superbement en valeur le dessin de Mitton !

Un premier volume Archive à ne pas manquer !

Par FredGri, le 17 octobre 2013

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