Maudit Allende

Dessinateur :


Scénariste :


Coloriste :


Éditions :

Futuropolis

Genre :

Document

Historique

Hommage

Sortie :
ISBN : 9782754811149

Résumé de l'album Maudit Allende

Le 11 septembre 1973, le Chili subit un coup d'état militaire sous les ordres du général Pinochet, commandant en chef des armées. Attaqués par les militaires, le président Salvador Allende et ses hommes finissent par abdiquer... Le président s'isole alors et se suicide. Dès lors le pays tombe sous la coupe de la junte qui va organiser très vite des rafles et tuer par milliers des sympathisants gauchistes sous le fallacieux prétexte qu'il s'agissait en fait de terroristes d'état !
La famille du narrateur fait partie de toutes celles qui ont décidé de fermer les yeux devant ces exactions en croyant toute la propagande qui vantait l'économie élitiste galopante, qui privatisait à tour de bras, qui servait surtout les intérêts des grosses entreprises étrangères ! Partis très tôt en Afrique du Sud pour travailler dans les mines de cuivre, cette famille s'est coupée progressivement de la réalité, entretenant malgré elle une idéologie erronée.
Un peu plus de vingt ans plus tard, le fils, le narrateur, se pose des questions, il découvre en voyageant, en rencontrant des européens que la réalité telle qu'on lui a montré, n'est peut-être pas aussi juste, ou en tout cas que le débat divise... Tranquillement, avec le recul nécessaire, il fait le point...

Par Fredgri, le 13/11/2015

Notre avis sur l'album Maudit Allende

Encore aujourd'hui, le règne de Pinochet marque les mémoires par sa violence que certains appellent assez justement une stratégie de choc comme il sera, plus ou moins en même temps, fait usage aussi en Argentine, en Uruguay et qui va amener lentement vers l'apogée d'un néo-libéralisme agressif tel qu'on l'a connu aux États Unis et plus près en Angleterre sous Tatcher, après la guerre des Malouines.

Alors qu'il met en pratique des réformes socialistes pour redynamiser l'économie de son pays en misant sur le peuple, sur des nationalisations qui permettraient de rééquilibrer les richesses, Salvadore Allende apparait rapidement comme un obstacle pour les Etats Unis qui souhaiteraient s'implanter plus durablement. En même temps, les théories économiques de l'école de Chicago commencent à se glisser au Chili grace à des jeunes économistes aux dents longues. On fait comprendre à Pinochet que seul un coup d'état pourrait permettre au pays de repartir sur des bases plus solides, qu'il faut faire table rase de cette engeance gauchiste. Allende a du mal à faire passer ses réformes, il est très critiqué (Nixon finance de très nombreuses opérations de propagande dans le pays) et ce 11 septembre, alors qu'il sent qu'un danger se prépare il voit l'armée entrer dans la ville et lui ordonner de remettre son mandat...

Aujourd'hui, Allende fait définitivement figure de martyr, la première victime marquante d'une dictature qui va s'employer à destituer le peuple de ses droits au profit des gros industriels et autres notables, donnant ainsi l'illusion d'une économie fleurissante alors que les corps des opposants s'amoncelaient dans les fossés ou dans les rivières après être passés par les camps de torture disséminés un peu partout !

Mais cet album, fascinant par le ton et les témoignages qui viennent l’alimenter par-ci par-là, n'est pas là non plus pour présenter un point de vue aussi tranché que le mien sur cette histoire. On découvre à la fois Allende, mais aussi Pinochet. Les auteurs ne s'étalent pas trop sur les arguments économiques, sur les exactions de Pinochet, on reste en surface, même si l'on devine la violence qui a régné à cette époque ! Toutefois, je trouve que ca aurait pu amener davantage de contextualisation, surtout sur un sujet aussi contesté, aussi extrême. Parce que c'est important de comprendre en quoi le programme d'Allende était important, en quoi il mettait réellement en péril ses opposants et les divers intérêts internationaux, qu'il ne s'agissait pas juste d'abattre une mouvance socialiste, que ce coup d'état était avant tout économique ! Ça aurait pu mériter un dossier plus explicite à la fin, sans pour autant tomber dans le partisianisme, afin de mieux comprendre les enjeux et les raisons qui ont provoqué ces évènements !

En attendant, au delà du sujet, c'est surtout l'occasion de redécouvrir l'incroyable talent de José Gonzalèz. On se laisse emporter dans ces atmosphères qui insistent sur les regards, qui reprennent des photos, qui installent une ambiance sombre et tendues... C'est tout simplement magnifique et presque hypnotique ! Du très très bon boulot.
On avait déjà vu quelques planches de cet album dans La Revue Dessinée 1 et c'est un vrai plaisir de découvrir la suite avec cet album que je vous conseille vivement !

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