MARIN, L'ACTRICE & LA CROISIÈRE JAUNE (LE)
Un nouveau départ

Parce qu’il a de bonnes connaissances sur la Chine et qu’il est fortement apprécié par le ministre des affaires étrangères Philippe Berthelot, Victor Point, attaché naval à Londres, est convoqué par André Citroën. Ce constructeur lui propose une mission d’exploration de ce vaste territoire afin d’y organiser le passage de la nouvelle expédition automobile qu’il veut organiser et qui doit relier Beyrouth à Pékin. Si le goût de l’aventure lui est des plus prononcés, Victor se doit d’en parler toutefois à sa dulcinée, l’actrice Alice Coréa, avant de prendre une décision définitive. Fort de son accord, le jeune homme embarque pour sa mission de reconnaissance. Mais celle-ci va connaître quelques déboires qui vont inciter l’organisateur à composer avec les autorités locales et nationales, voire même à adapter le tracé préétabli. Et ça ne sera pas tout car cette initiative va susciter quelques actions sournoises perpétrées par des individus peu honnêtes qui vont tenter d’en savoir plus sur ce que l’on va nommer la croisière jaune.

Par phibes, le 26 février 2010

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Notre avis sur MARIN, L’ACTRICE & LA CROISIÈRE JAUNE (LE) #1 – Un nouveau départ

Le raid organisé par la firme Citroën dans les années 30 sert de base à ce nouveau diptyque réalisé par une association d’auteurs bien sympathiques et dont le premier opus sort en ce mois de février 2010.

Régis Hautière, auteur pluridisciplinaire, se lance dans une évocation qui donne les tenants et les aboutissants de la préparation de l’expédition automobile organisée par André Citroën et son bras droit Georges-Marie Haardt. Bien sûr, afin de rendre plus goûteux son aventure, il y ajoute, tel qu’il expose dans son petit préambule, quelques éléments de fiction.

Ce premier épisode est l’occasion de présenter, après un départ interrogatif intrigant, les nombreux personnages qui contribuent au déroulement de l’histoire. Victor Point et sa maîtresse Alice Cocéa (qui ont tous deux réellement existé) font partie de ceux qui vont porter l’intrigue soit ensemble, soit séparément, au gré de leurs mouvements ou de leurs confessions. Plus particulièrement, Alice détient un rôle mystérieux qui demande à être éclairci. Mariée à Stanislas de la Rochefoucault, elle frétille dangereusement avec Victor au point de partager tous les secrets des travaux que mène son amant.

Par ailleurs, cet épisode se veut l’écho du travail diplomatique perpétré par Victor Point pour préparer le fameux raid. Car traverser des pays tels la Chine, nécessite imparablement l’autorisation des autorités qui les gouvernent et la protection des mafias locales. Régis Hautière nous en révèle la teneur avec une justesse historique, les compensations exigées par les autochtones et nous explicite les nombreux déboires rencontrés eu égard aux contextes politiques et topographiques.

Le travail graphique d’Arnaud Poitevin qui flirte avec le semi réalisme est agréable, délicat et se détache astucieusement du genre dans lequel il officiait jusqu’alors, à savoir le dessin pour la jeunesse. Ici, le trait, légèrement imprécis, révèle un potentiel qui se rapproche un tant soit peu du style ligne claire quand on voit le premier de couverture. Toutefois, il se détache du trait franco-belge en jouant "naïvement" sur certaines proportions qui ont pour effet de distiller un charme probant. Malgré tout, la quête du détail n’est nullement absente car il faut bien reconnaître que la restitution historique (les années 30) est bien suggérée. De même, les personnages ont un certain charisme qui suffit à libérer les sentiments les plus intimes.

Le 3ème raid, après le Sahara et l’Afrique, organisé par André Citroën rapporté par Régis Hautière et Arnaud Poitevin, une aventure transcontinentale aux débuts fort engageants.

 

Par Phibes, le 26 février 2010

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