M

Dessinateur :


Scénaristes :




Coloriste :


Éditions :

EMMANUEL PROUST

Collection :

Atmosphères

Genre :

Drame

Roman Graphique

Thriller

Sortie :
ISBN : 9782848102405

Résumé de l'album M

Berlin, dans les années 1930. La population vit dans la crainte. Une fillette est encore tombée sous les coups de couteau du tueur en série. La police, elle, semble impuissante et ne dispose d’aucun indice sérieux. Elle multiplie les descentes dans les bars et établissements des bas-fonds. Les chefs de la pègre en ont assez et décident de traquer eux-mêmes le meurtrier.

Par Legoffe, le NC

Notre avis sur l'album M

Les éditions Emmanuel Proust publient ce mois-ci une œuvre originale et vraiment remarquable. Il s’agit de l’adaptation en roman graphique (ce terme convient mieux à ce livre que celui de bande dessinée) du fameux M le Maudit, premier film parlant du grand réalisateur Fritz Lang, sorti en 1931.

Cet ouvrage de Jon J Muth a été publié pour la première fois en 1990 chez Eclipse Comics en quatre épisodes. Il a été réédité sous la forme d’un seul volume en 2008 aux Etats-Unis. Et le voici enfin traduit en français pour vous permettre de vous en mettre plein les yeux. Le travail de cet artiste est, en effet, magnifique. Ce ne sont plus de simples dessins, mais bien des peintures ; et plus seulement des peintures mais quasiment des photos.

Vous m’aurez compris, ce qu’a fait Muth est sublime. Il est parti de photographies pour dessiner puis peindre les scènes du livre. Il en livre une adaptation vivante et angoissante. En regardant les images, nous avons l’impression d’être devant des photos d’époque, voire de films anciens, en noir et blanc, avec leurs teintes délavées et leurs effets de flou.

Non seulement cela donne une certaine authenticité au récit, mais cela appuie l’ambiance angoissante de cette sombre histoire. La folie meurtrière d’un homme se trouve ici parfaitement illustrée. Nous sommes, en effet, en présence de dessins réalistes, mais traités de manière expressionniste, comme si la frontière entre psychose et rationnel était bien plus mince que ce que l’on pourrait imaginer.

Précisons d’ailleurs, pour ceux qui ne connaîtraient pas l’œuvre de Lang, qu’il ne s’agit pas d’un classique polar, mais plutôt d’un drame qui traite de la folie, de la justice et de ce qu’est vraiment l’humanité. On peut considérer qu’il y a aussi là une certaine dénonciation des dérives de la société en ces temps où montait le nazisme. Lang fuira d’ailleurs son Autriche natale pour les Etats-Unis dès 1934.

Muth rend donc un très bel hommage au film de Fritz Lang, d’autant qu’il se permet quelques séquences supplémentaires, celles des visions du tueur, hanté par le spectre de la petite fille. Un très beau livre, vraiment, qui permet de redécouvrir ce grand auteur de comics.

Par , le

M la maudit, l'un des films cultes de Fritz Lang, un de ceux qui ont fait du cinéma un véritable Art, un magnifique exercice de style, au même titre que Citizen Kane, mettant en scène tous les éléments constitutifs du cinéma, jouant sur les techniques, les angles de vue, les mouvements de caméra, des plans d'orfèvre, tout est remarquablement chargé de sens. Le film s'inspirait du cas du vampire de Düsseldorf, Peter Kürten, mais aussi sur une vague de meurtres d'enfants qui ensanglanta l'Allemagne durant les années vingt, dont celle de la ville de Breslau qui se déroula en 1929.
Dans cet album Jon J Muth veut rendre hommage en quelque sort à ce film hors du commun, pour cela, il va lui même faire poser des modèles, reconstituer chaque scène, jouer avec les éclairages et ensuite réinterpréter le tout par le biais de sa magnifique aquarelle. Néanmoins, même si on reconnait la fantastique maîtrise de l'artiste, il n'en demeure pas moins que cet aspect photoréaliste fige l'ensemble, et ce malgré les jeux de matières, de mise en scène. Dès les premières pages nous plongeons dans l'univers graphique de Muth, un univers de flou, de gris, de silhouette, on ne retrouve pas forcément la même tension que dans le film, ni la même "maîtrise" formelle, mais il se dégage de ces pages une sorte de langueur qui en viendrait presque à devenir génante à la longue.
Lire l'album ne procure donc pas les mêmes sensations que regarder le film et j'aurais donc l'envie de vous dire de vous régaler des deux, non seulement pour apprécier enfin la traduction en français de ce sublime album mais aussi pour retrouver ce film culte.

Par , le