Love in vain

Dessinateur :


Scénariste :


Éditions :

GLENAT

Genre :

Biographie

Hommage

Musique

Sortie :
ISBN : 9782344003398

Résumé de l'album Love in vain

En 1911, dans le sud des États-Unis, Robert Leroy Johnson, considéré comme l'un des plus grands guitaristes, voit le jour. Ballotté par une mère qui travaillait dans une plantation de coton, il écume dès qu'il le peut les routes du pays, sa guitare dans le dos, se perfectionnant, écumant le moindre tripot, se forgeant très rapidement une réputation de virtuosité, mais aussi de grand coureur de jupon... On raconte qu'il aurait vendu son âme au diable pour hériter de cette maestria. Toujours est-il qu'à peine arrivé à l âge de 27 ans, il aurait succombé à une mort prématurée, certainement empoisonné, peut-être par un rival.
Robert Johnson n'aura laissé qu'une trentaine de titres enregistrés et 3 photos. La légende ayant largement pris le pas pour marquer l'histoire du blues, nourrissant ensuite des générations d'artistes !

Par Fredgri, le 12/11/2014

Notre avis sur l'album Love in vain

Il y a des artistes dont la légende perdure encore et encore, sur lesquels on raconte des histoires fantastiques, histoire de mieux comprendre ou en tout cas de tenter d'expliquer ce qu'ils étaient. Et Robert Johnson est de ceux là, de ces musiciens habités par une flamme profonde et vibrante. Cet album nous raconte donc cette vie d'errances, de rencontres, d'abus ou le musicien sans attache construit sa réputation au travers d'une vie libre de toute contrainte !

Peut-être n'y a t il rien à comprendre de plus, en fin de compte. Robert Johnson imprègne chacune de ces planches qui vibrent au rythme des sonorités du sud, on imagine sa voix qui accompagne sa musique (d'ailleurs écoutons ensemble ces morceaux au détour d'une compilation choisie. Peut-être se dira-t on, incrédule, qu'il est difficile de retrouver dans ces morceaux, qui ont parfois tendance à se répéter, cette flamme que l'on devine dans cette biographie... Mais l'oreille est un organe qui se travaille...), il faut lire les textes, s'imprégner de l'ambiance qui se dégage des magnifiques planches de Mezzo, ou des textes inspirés de Jean-Michel Dupont... !

Love in vain ne se contente pas de n'être qu'une biographie, même si l'album suit chronologiquement les évènements ! Car il va plus loin encore, Dupont s'implique, juge parfois, il raconte bien plus que simplement retranscrire des notes biographiques, il replace dans un contexte social ou intime, digresse parfois, n'est pas toujours tendre avec son "personnage" et notamment au sujet de cette légende, néanmoins tout en gardant du recul il place toujours l'humain au centre de son récit, mêlant intimisme et regard légèrement distancié, insistant sur le poids des différents drames qui vont forger tout le reste, cette longue chute, ponctuée d'alcool, de filles rencontrées un soir, dans le brouhaha d'une salle enfumée ! Il en ressort beaucoup de subtilité, avec tout de même assez d'objectivité par-ci par-là pour ne pas oublier les travers de cet étrange musicien "vagabond" en costard !

Mezzo, de son côté, rajoute une imagerie très contrastée, qui colle parfaitement à l'époque, au genre, à cette musique du cœur, de l'âme. Le vieux sud transpire de cette nostalgie qui s'accentue avec cet encrage gras, alternant lumière et ombre dans cette approche résolument plus charnelle et expressive que sur les trois "Roi des mouches".

Peut-être que parfois, en plongeant dans ces cases on pourrait en oublier la musique, peut-être même est-on directement charmé par ces tableaux qui s'ouvrent devant nous, par ces atmosphères, cette époque, page après page, toujours est-il que Mezzo et Dupont nous offrent davantage un hommage, certes très documenté, ponctué des extraits de textes de l'artiste, mais volontairement elliptique, évocateur.
D'ailleurs à la fin nous avons droit à des textes traduits et illustrés, histoire de mieux saisir leur profondeur.

Un album qui évoque donc des sonorités, la vie pleine de griffures d'un artiste dont la mémoire reste encore et toujours présente...

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Entretien avec Mezzo et Pirus

Interview dirigée et réalisée par Melville au festival d’Angoulême 2013 Sceneario.com : Vous travaillez ensemble depuis longtemps, existe-t-il une certaine porosité entre les rôles de scénariste et dessinateur ?
Pirus : A la base c’est plutôt strict, un peu à la Alan Moore : je conçois les dialogues et le découpage, case par case, plan par plan. Ensuite on voit avec Mezzo pour le crayonné. Je lui explique ma vision des choses, si on sent que quelque chose ne va pas bien on change. Souvent je propose deux solutions et on choisit la meilleure. Mezzo crayonne, puis on revoit le crayonné ensemble et c’est à ce moment qu’on décide si la vision première est maintenue ou si elle doit être affinée. Mezzo encre, on refait le point. Et ainsi de suite. Ce que je souhaite c’est être au plus proche de l’idée première [...]

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