LES ENFANTS DE JESSICA #1 Le discours

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Dessinateur :


Scénariste :


Coloriste :


Éditions :

Futuropolis

Genre :

Chronique sociale

Drame

Sortie :
ISBN : 9782754803533

Résumé de l'album Le discours


Pour avoir exécuté un travail social extraordinaire lorsqu'elle était maire de New York, Jessica Ruppert a intégré l'équipe gouvernementale démocrate et s'est vu nommée au poste de secrétaire aux affaires sociales. Aujourd'hui, cette dernière se prépare à dévoiler devant le Congrès son vaste programme réformiste qui compte pas moins de 200 mesures. Autant dire que le discours est des plus attendus, surtout par ceux qui subissent la crise économique que traversent actuellement les USA. Malheureusement, il n'en est pas de même pour ceux qui se complaisent dans le système présent et qui ne sont pas prêts à attendre les idées quelque peu révolutionnaires de la "super secrétaire". D'ailleurs, certains (en particulier les Logans) sont prêts, pour cela, à le faire savoir et à le démontrer de la pire des façons.


 

Par Phibes, le 08/03/2011

Notre avis sur l'album Le discours


Quelques 9 années après la fin de la saga du Pouvoir des innocents, Luc Brunschwig et Laurent Hirn ont décidé de replonger dans les ambiances politiques mêlées d'humanisme et de cruauté distillées par cette dernière. Par ce biais, ils viennent donner en quelque sorte une suite à celle-ci. Pour cela, ils quittent l'éditeur d'origine Delcourt pour intégrer la maison Futuropolis.


Le dépaysement ne sera pas total puisque l'on retrouve nombre de personnages qui ont déjà sévi précédemment. Amy, Xuan-Mai, l'ombre de Joshua Logan et enfin (pour ne pas dire surtout) Jessica Ruppert. Cette dernière, véritable symbole sociétal, a pris du grade puisqu'on la retrouve au haut poste de ministre des Affaires Sociales et se voit ainsi traverser une crise sans précédent.


En grand stratège, Luc Brunschwig repart dans des circonvolutions antagonistes, partagées entre le bien et le mal. Ce premier opus, au demeurant étonnamment court puisqu'il s'étale sur 38 planches, pose les bases de l'intrigue et se veut faire l'évocation d'une société américaine exsangue, touchée par une crise financière profonde contre laquelle Jessica Ruppert a semble-t-il un remède. Mais ce remède n'est pas assimilable par tout le monde et produit des effets indésirables. A cet égard, la sensibilité des propos de la ministre est on ne peut plus perceptible et vient tinter généreusement notre conscience. Tout comme les formes de rejet qui se veulent distiller une amertume inquiétante.


Ainsi, le scénariste ne nourrit pas son récit que d'espoir puisqu'il en vient à évoquer dans une profondeur extraordinaire un côté sombre qui fait peur. Tout d'abord, c'est la fraîcheur des pairs à Jessica qui tempère les aspirations de celle-ci. D'autre part, ce sont les actes barbares des hordes Logans qui plombent les attentes d'une grande frange de la population. A cet égard, on admirera le lien créé par le scénariste avec l'ancien sergent du premier cycle.


La douceur graphique que l'on a pu rencontrer dans la série Le sourire du clown, se ressent également dans cet opus. En effet, Laurent Hirn réussit une fois de plus à nous entraîner dans son univers pictural empli de détails et colorisé plus conséquemment que d'habitude, à la fois délicat et dur. Le réalisme dont son trait est porteur se suffit à lui-même. Par ce biais, la société américaine se révèle dans toutes ses strates, des territoires miséreux à la chambre des députés en passant par la rue. La beauté et l'expressivité de ses personnages est imparable et sensibilise évidemment le lecteur.


Un premier épisode excellent sur une vision sociétale qui a de quoi intriguer, porté par un tandem qui n'a pas fini de nous étonner.


 

Par , le

Les albums de la série LES ENFANTS DE JESSICA

Nos interviews liées

Un entretien avec Luc Brunschwig

Sceneario.com : Commençons par le tome 4 d’Holmes. (Tiens, au fait, on n'est pas loin de Bob Morane avec Holmes et le personnage du Colonel Moran, l’un des criminels imaginé par Conan Doyle) ! Cette série, avec Cecil au dessin, n’est pas le genre de récit habituel que nous voyons sur le personnage de Sherlock Holmes. Ce n’est pas vraiment une enquête du célèbre détective du 221 Bis, Baker Street ?
Luc Brunschwig : En effet. Lorsqu'avec Cecil nous avons commencé à réfléchir ce projet, nous nous sommes dits qu'il serait fou d'espérer nous montrer aussi fûtés que Sherlock Holmes et son créateur Conan Doyle. Sherlock doit ses incroyables capacités au fait que la société anglaise victorienne était très codifiée. Il « suffisait » donc de posséder une connaissance pléthorique des codes de cette époque pour décoder d'un regard tout un tas de choses [...]

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Luc BRUNSCHWIG

Entretien avec Luc BRUNSCHWIG pour la série URBAN (Editions Futuropolis) durant le 40° Festival International de la BANDE DESSINEE d'Angoulême. (2013).
Luc brunschwig par SCENEARIO Interviewer: Berthold et Melville
Images et son: Mat et Olivier
Montage: Aubert Une interview Off est visible à la fin du montage...Un grand moment de franche poilade. [...]

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Urban : une vision futuriste par Luc Brunschwig

Sceneario.com : Bonjour Luc. Tu as encore une actualité chargée pour cette rentrée 2011. Outre la sortie du nouveau spin-off tiré du Pouvoir des innocents, intitulé car l’enfer est ici (fin août 2011), tu nous proposes aussi Urban (sortie le 15 septembre 2011). Urban est un projet, je crois bien, que tu as porté sur plusieurs années. Peux tu nous raconter la genèse de ce récit.
Luc Brunschwig : En fait, ça remonte à loin, très loin… 1983, pour être précis, ce qui ne nous rajeunit pas. J’avais 16 ans… et j’écoutais du hard-rock comme tous les gamins de mon âge. Iron Maiden (dont un titre m’avait inspiré Angus Powderhill, un récit d’Héroïc-Fantasy), Scorpion et ACDC qui avait écrit dans la période Bon Scott (premier chanteur du groupe) un titre qui sonnait bien à l’oreille SIN CITY… ce titre m’avait fait fantasmé et je me suis mis à imaginer ce qui pouvait bien se cacher derrière lui : l’idée d’une ville vouée à tous les plaisirs, les raisons de son existence… 6 ans plus tard, SIN CITY a même été le second scénario que j’ai proposé à des éditeurs après le Pouvoir des Innocents (bon, un certain Frank Miller m’a soufflé le titre sous le nez, mais je jure que j’avais imaginé mon histoire avant lui) [...]

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Entretien avec Luc Brunschwig pour Lloyd Singer et Les enfants de Jessica

Sceneario.com : Bonjour Luc. Ton actualité récente est donc la sortie du tome 5 de Lloyd Singer qui n’est autre que la série Makabi paru auparavant chez Dupuis, mais aussi la ressortie des quatre premiers tomes depuis janvier 2011 chez un nouvel éditeur Bamboo. Peux tu revenir sur cette affaire qui a du dérouter plus d’un lecteur ?
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Luc BRUNSCHWIG un auteur prolifique

Sceneario.com: Comment avez vous rencontré Vincent? Quels éléments particuliers vous ont décidé à travailler ensemble ?
Luc BRUNSCHWIG: Avec Vincent, c’est une vieille amitié… Vincent vient de la même école que Laurent Hirn (le dessinateur du Pouvoir des Innocents). Il habitait Strasbourg à l’époque où moi-même j’y habitais, nous avions quelques amis communs, on se rencontrait lors de mini-festivals organisés autour du renouveau de la BD en Alsace. J’appréciais beaucoup son travail, le côté très graphique de ses univers, son trait très personnel, même si je trouvais que tout son potentiel ne s’était pas exprimé sur sa première série le Cœur de Sang. Il y a chez lui un étrange mélange de force brute (faut avoir vu le gaillard) et de sensibilité (pour ne pas dire, de poésie), un cocktail qui fait toute la différence entre Angus Powderhill et une héroïc-fantasy que je qualifierai de plus classique. Il était vraiment l’homme de la situation.

Sceneario [...]

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