Le bleu est une couleur chaude

Dessinateur :


Scénariste :


Coloriste :


Éditions :

GLENAT

Genre :

Amour

Drame

Sortie :
ISBN : 9782723467834

Résumé de l'album Le bleu est une couleur chaude

C’est l’histoire de Clémentine, une jeune fille en classe de seconde, qui un jour croise le regard d’Emma, la fille aux cheveux bleus. Et dès lors, Clémentine n’a de cesse de songer à Emma, elle tombe amoureuse…

Par Melville, le 22/04/2010

Notre avis sur l'album Le bleu est une couleur chaude

Troublant et bouleversant sont les deux premiers mots qui me virent à l’esprit après avoir refermé cet album. Je l’ai acheté sans en connaître l’histoire, simplement attiré et intrigué par sa couverture énigmatique et charnelle… C’est donc au fur et à mesure de ma lecture que j’y ai découvert l’amour naissant de Clémentine pour Emma et son acceptation.

L’histoire commence avec un drame, Clémentine est décédée depuis peut et Emma vient chercher ses dernières affaires restées chez ses parents et notamment ses journaux intimes. D’emblé le ton est donné, on entre de plein fouet dans la tristesse du personnage d’Emma, on est immédiatement confronté à la mélancolie, à une certaine détresse même, face à un être cher parti trop tôt.

Le récit est construit comme un grand flash back guidé par la lecture du journal intime de Clémence. Et c’est en cela qu’au tout début j’ai été un peu troublé par le propos, j’ai ressenti comme une gêne. C’est un peu comme si je m’immisçais dans une histoire qui n’était pas la mienne, j’avais peur de devenir un voyeur… Mais s’était sans compter sur le grand talent de narratrice de Julie Maroh qui a su trouver les mots justes pour que jamais on ne se retrouve dans cette situation, même lors des scènes les plus intimes où les deux jeunes filles font l’amour. L’auteur amène son propos avec beaucoup de pudeur sans pour autant faire l’impasse sur la passion qui anime la relation fusionnelle de Clémentine et Emma.

On suit donc les états d’âmes de Clémentine de ses tous premiers émois amoureux jusqu’à l’acceptation de cette différence : elle aime une fille, elle s’appelle Emma et elle à des cheveux bleus. Ainsi que toute la phase de doute, sentiment terrible et destructeur mais si difficile à éviter… Le doute vis-à-vis de soi-même, de ses propres sentiments, mais aussi le doute face au regard des autres souvent, bien qu'absurde et infondé, cruel et blessant. On s’attache très rapidement à ces deux jeunes filles et du fait l’histoire en devient d’autant plus touchante et émouvante.

Le dessin de Julie Maroh, traduit à merveille la tristesse passionnée de l’histoire. Elégant, fin et expressif, son trait et sa mise en couleur emplie de douceur subliment le récit et nous envoûtent totalement.
Le lettrage à la main en écriture attachée apporte de la tendresse et de la sincérité à cette histoire écrite sous la forme d’un témoignage.

Singulière et universelle, fragile, teintée de mélancolie mais toujours passionnée, Le bleu est une couleur chaude est l’une des plus belle histoire d’amour qu’il m’ai été donné de lire en bande dessinée ! Profondément juste et sensible, cet album de Julie Maroh est un véritable hymne à l’amour avec un grand A et à la différence. Il nous rappelle que le plus important est de pouvoir offrir de l’amour à quelqu'un et peut importe si il est du même sexe que soi du moment que cet amour est sincère. Le tout est d’être heureux.

A ne manquer sous aucun prétexte, vraiment !

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Nos interviews liées

Un entretien avec Julie Maroh

Sceneario.com : Bonjour Julie Maroh, merci beaucoup de nous accorder cette interview à l’occasion de la sortie de votre nouvel album, Skandalon.

Skandalon retrace la chute d’une star du rock français, Tazane, pourquoi avoir choisi d’aborder notre société sous cet angle?
Julie Maroh : Cela m’est venu de manière instinctive, pas vraiment rationnelle. Au milieu de l’écriture, je me suis aperçue que la structure narrative que j’essayais de mettre en place avait rattrapé celle de la tragédie greco-romaine. J’ai alors potassé autant d’ouvrages d'anthropologie et de sociologie que je pouvais pour essayer de coller à ce schéma le plus possible. Cela m’est venu comme ça, et j’ai trouvé fascinant de pouvoir le traiter de cette façon, mais il n’y avait pas un choix délibéré.
Prendre un chanteur de rock, qui plus est français, est un peu une solution de facilité, je suis française, je ne me suis pas posé la question [...]

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