La vallée du Diable

Dessinateur :


Scénariste :


Éditions :

CASTERMAN

Genre :

Amour

Aventure

Drame

Historique

Sortie :
ISBN : 9782203116566

Résumé de l'album La vallée du Diable

Quelques années après la Grande Guerre, Blanca, Pauline, Florentin et Arpin décident de quitter le pays. Loin de leur Savoie natale, ils embarquent pour la Nouvelle-Calédonie dans l’espoir d’y mener une existence meilleure.

Ils construisent là-bas une nouvelle vie, notamment grâce au soutien d’un colon franco-australien, James Jacques, un veuf surtout motivé par la jolie Pauline.

Dans un climat pesant, les uns et les autres tentent de trouver leur place. C’est vrai aussi pour les Kanaks, toujours relégués aux tâches les plus ingrates d’une société qui a décidément du mal à se départir de ses réflexes colonisateurs.

Par Legoffe, le 04/03/2018

Notre avis sur l'album La vallée du Diable

Ce nouvel album d’Anthony Pastor remet en lumière les protagonistes de son précédent album « Le sentier des reines ». Il s’agit d’une suite, mais qui est écrite de telle manière qu’il n’est pas nécessaire d’avoir lu la première bande dessinée pour apprécier celle-ci.

Si l’on retrouve, bien sûr, tout le talent de dessinateur de Pastor dans « La Vallée du Diable », on retrouve aussi tout son intérêt pour l’être humain et sa condition sociale.
L’auteur a un réel talent pour nous faire ressentir la détresse et l’injustice des personnages. Et la matière ne manque pas en ce début du XXe siècle en Nouvelle-Calédonie. Ce territoire français abrite les anciens bagnards, ainsi que les colons pauvres, les fonctionnaires envoyés loin de chez eux et, bien sûr, les habitants originels de l’île que sont les Kanaks, contraints de travailler pour une misère et reclus dans des réserves.

Autant dire que le calme qui règne n’est qu’apparent. Cette tension sous-jacente est encore accentuée par les histoires qui se nouent entre les différents acteurs du livre. Les relations entre eux sont complexes, voire explosives.
Ce voyage à l’autre bout du Monde n’a donc rien d’un livre d’aventure. C’est un drame nourri par la condition humaine, très dure dans ces contrées éloignées.

Le lecteur s’enfonce donc avec ces colons dans une tragédie dont l’intensité tient à ses protagonistes autant qu’à la force des dessins. Le style de Pastor est rude et d’une incroyable vivacité. Ses coups de crayons écorchent les destins et font vibrer les cases. La fuite des personnages, les scènes de lutte, les coups de fusil, le déchaînement des éléments naturels… tout paraît virevolter dans les planches du livre.

L’échappée d’Arpin dans les montagnes est, ainsi, l’occasion de scènes vives et spectaculaires. Mais le tourbillon dramatique emporte aussi quelque peu la complexité du scénario. La course qui s’engage manque alors de surprise. On eut aimer passer encore du temps dans cette société complexe et contrastée avant d’entamer cette seconde partie de l’album.

En contrepartie, Pastor offre une narration d’une grande efficacité où le souffle épique ne retombe jamais. La rudesse d’une telle terre ne pouvait offrir lecture apaisée….

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Nos interviews liées

Entretien avec Anthony Pastor

Marchant dans les pas de la « Nouvelle bande dessinée » Anthony Pastor n’est pas aussi connu que ses pairs (Bluch, de Crécy, Guibert ou Rabaté pour ne citer qu’eux) mais la cohérence de l’œuvre qu’il construit et enrichie à chaque nouvel album (la marque des grands) ne peut que le laisser espérer.

Interview dirigée par Melville et réalisée par email en août 2012

Sceneario.com : A quel moment avez-vous eu envie de faire de la bande dessinée ?
Anthony Pastor : C'était mon rêve de gosse. Petit, je dessinais beaucoup, et je dessinais pour jouer, je faisais des batailles sur le papier par exemple, c'était évolutif. Pour moi le dessin a toujours été lié à la narration. Dès que j'ai su écrire en "attaché" comme on dit, la bande-dessinée est arrivée, et j'ai vite laissez tomber l'envie de devenir pompier [...]

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