La vallée des papillons

Au cours de son périple au Mali, Léo a croisé le chemin de trois femmes charmantes, Hélène, Sigrid et Salie. Quelque peu subjugué par la personnalité aguicheuse de ces dernières, animé de fait par une soif profonde de conquête, l’homme met à profit les intentions légères des trois dames pour s’abandonner au jeu d’une séduction coupable. Mais cette expérience qui, en leur intime conviction, était un moyen de retrouver des sensations de jeunesse, va prendre des proportions peu glorieuses pour lui et douloureuses pour elles.

Par phibes, le 1 avril 2011

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4 avis sur La vallée des papillons

Quelques deux années après La compagnie des cochons publié chez Delcourt, Arnaud Floc’h revient parmi nous dans un nouveau roman graphique cette fois-ci sous l’égide de la sympathique maison d’édition Des ronds dans l’O. Conservant les ambiances exotiques de l’Afrique noire (le Mali plus précisément), il vient nous conter, toujours en solo, les vicissitudes d’un quatuor de personnages aux aspirations condamnables qui vont dévoiler bien des secrets et des volutes dramatiques.

Dès les deux premières planches, le lecteur est mis dans le bain de l’histoire qui se veut être portée par Léo, un individu tout ce qu’il y a de plus commun. Faisant appel à des souvenirs très récents (trois jours auparavant), ce dernier va expliciter comment il a profité, certainement sans réelle méchanceté mais avec peu d’intelligence et de courage, d’une opportunité servie par Hélène, Sigrid et Sadie, trois femmes désoeuvrées, en pleine quête d’un désir à ce jour en veille. C’est donc sur le ton d’une narration intimiste et nature, sans effet percutants et sans violence des mots, dans laquelle on perçoit une certaine culpabilité, qu’Arnaud Floc’h nous emporte.

Si Léo tient les rênes de la narration, les trois femmes soutiennent l’intrigue. En effet, bien qu’elles soient amies, il n’en demeure pas moins qu’elles ont des secrets inavoués, qui ne demandent qu’à resurgir par le biais de la relation qui va naître avec le pseudo biologiste. Les surprises vont bon train et permettent de mettre en exergue un travail psychologique de grande qualité et d’une teneur qui explicite leur envie de se changer d’un quotidien peu enviable.

Graphiquement, le dessin est des plus agréables. Proportionnel quand à la représentation des protagonistes et des décors africains, son trait, un tant soit peu sensuel, dégage une délicatesse d’exécution qui génère un envoûtement bénéfique. Il va de soi que l’emploi d’une colorisation directe, multi travaillée, est à son honneur et donne une dimension plus naturelle à l’histoire.

Une histoire dramatique, bourrée de sentiments comme attisés par les battements d’ailes de papillons, superbement contée qui confirme l’esprit humaniste de l’auteur (primé dernièrement au festival 2011 "Des planches et des Vaches") et qui permet de soutenir, émotionnellement parlant, le respect qu’entretient ce dernier vis-à-vis de la gente féminine. Un pur plaisir de lecture !

 

Par Phibes, le 20 avril 2011

La vallée des papillons c’est l’histoire de 3 femmes malmenées par la vie et d’un homme qui les attire comme la lumière attire les papillons. Alors elles papillonnent quelques instants autour de lui, s’y frottent, s’y piquent le temps d’une nuit en attendant que le jour revienne.
Amitié, rancœur, traumatisme, désir, regrets, liaisons secrètes, lâcheté, solidarité, jalousie, perversion, tout se dévoile petit à petit, se mêle et s’emmêle comme un piège fatal autour de ces papillonnes.
De cette bd on retiendra la chaleur, la justesse et la sobriété des décors africains, la sensualité des corps. A lire et relire avec le même plaisir.

Par Danlfon, le 8 août 2011

La chair est triste hélas…
Les corps exposés ne manquent pas d’érotisme, car la chair est toujours présentée pour captiver, plus encore, pour capturer le regard de l’autre. Le jeu de transparence qui se déplie page après page, servi par la lingerie fine et les airs de sincérité affectée des personnages, ne recouvre pourtant qu’à peine la trouble épaisseur des êtres en quête d’eux-mêmes, tapis dans le mensonge pour mieux panser leur profondes cicatrices. La trivialité des conversations, l’emportement grossier de la féroce Sigrid exprime toute la volonté farouche des trois amies à se débattre afin de ne plus subir l’humiliation de n’être qu’un objet, et de dominer le désir de l’autre. L’autre, c’est d’abord le narrateur, un Léo de façade qui s’invente à son tour un rôle qu’il ne comprend pas. Il faudrait s’envoler dans cette vallée des papillons mais l’eau du marigot n’est ni pure ni limpide et engloutit, emporte, noie dans une ultime étreinte.
Arnaud Floc’h réalise dans cette bande dessinée le pari audacieux de raconter une histoire d’âmes avec des couleurs chair. Sa palette chromatique dominée par les roses, les ocres, les bruns et les verts brunâtres, évoque autant la dangereuse tentation de l’eau épaisse du fleuve-poison que la carnation des corps offerts, abandonnés. Les teintes se mêlent avec force et l’image prend toute la densité de ce récit du non-dit et de la suggestion.
Une lecture dans laquelle se plonger d’urgence et qui reste collée à la peau quelques temps !!

Par miss blandish, le 12 mars 2013

Quand on ferme l’album, on est étonné de la lumière qui nous entoure.
On se demande s’il faut mourir pour que Sadie redevienne Edouardine.
On se demande si le réel est dehors ou dedans et peu importe le rouge de la piste qui nous prévient du sang qui barbouillera le vert.
C’est une Afrique qui habite Arnaud Floc’h mais nous prend avec son mystère, ses margouillats silencieux comme des papillons, ses angoisses, ses réalités à vif, exacerbées.
Il n’y a pas beaucoup de bruit ici, ou alors des cris violents.
On se demande s’il n’y a vraiment pas d’espoir. Ou on fait semblant de se le demander.
La Vallée des Papillons m’a bouleversée. Comme Xavie, du même auteur. C’est un album qu’on emporte dans ses pensées, pesant parfois comme un miroir de nos désirs , parfois léger comme si de toutes façons, il fallait aller voir les papillons où qu’ils nous mènent.

Par Rosy, le 12 mars 2013

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