TRAINEE JAUNE DE COMICSWOOD (LA)
La Traînée Jaune de Comicswood

A l’origine, il y eut un troc foireux entre Bolgx et des gitans de l’espace qui s’étaient fait blouser par lui. Pour échapper à leur poursuite, Bolgx avait une botte secrète : une dose d’un produit sur-énergisant, dans une seringue, qu’il comptait administrer à sa monture pour atteindre une vitesse tellement grande qu’il mettrait définitivement de la distance entre lui et les gitans. Mais ces derniers ont mis fin à ce projet de Bolgx en le visant avec un désintégrateur dont le tir a eu pour effet, entre autres, de briser la seringue…

Depuis les confins de l’espace où s’est déroulé ce règlement de comptes, le produit sorti de la seringue a cheminé jusqu’à atteindre la planète Terre, ou plus précisément jusqu’à atteindre le dénommé Phil Angroca qui était alors pris d’une terrible envie de pisser ; voire même c’était carrément trop tard !!! Le rayon spatial atteignit la flaque d’urine et, comme conduit électriquement, atteignit Phil et le dota d’une puissance exceptionnelle : un super héros était né qui sera connu sous le nom de La Traînée Jaune et qui entrera comme bien d’autres au Comicswood Super-Museum, véritable Panthéon des super héros…

Fiona, la petite amie de Phil, fut outrée par la tâche de pisse qu’il avait sur son futal lorsqu’elle le revit peu après le phénomène. Elle le quitta sur le champ, lui jetant à la figure qu’elle, au moins, était promise à un avenir plein de succès. Phil, sachant qu’il avait désormais des pouvoirs, s’était juré de montrer à Fiona, pour la reconquérir, que lui aussi allait devenir "quelqu’un" et faire parler de lui…
 

Par sylvestre, le 25 septembre 2010

Notre avis sur TRAINEE JAUNE DE COMICSWOOD (LA) #1 – La Traînée Jaune de Comicswood

Non, non… Rien à voir avec une prostituée d’origine asiatique… La Traînée Jaune, c’est un super héros ! Mais avec un nom comme ça, sonnant un peu comme la "Force jaune devant et marron derrière" du sketch des Inconnus, on a raison de s’attendre à quelque chose de complètement loufoque, de complètement délirant. Et en effet, ça l’est, délirant ! Au niveau des nombreuses fautes de conjugaison qu’on trouve dans les textes, d’abord (et ça, c’est dommage), mais aussi et surtout pour ce que veut être avant tout cette hilarante bande dessinée made in France de Lisandru Ristorcelli : une jubilatoire parodie des univers de super héros qui nous en fait voir naître un de manière toute poétique et le met en scène dans des actions décoiffantes et ô combien humoristiques et décalées !

La Traînée Jaune est une BD en noir et blanc, avec des pages à la composition classique mais aussi avec des dessins en pleines pages ou sur des doubles pages, et que ce soit dans les univers urbains ou dans les décors spatiaux qu’il a représentés, l’artiste montre maîtriser son trait et son encrage. Ses personnages sont bien dessinés également, qu’ils soient des humains, des bestioles XXL ou des extra-terrestres.

Tout commence avec une séquence se déroulant au Comicswood Super-Museum ; deux pages en guise de générique, dira-t-on, ou d’intercalaire, c’est selon, étant donné qu’on retournera dans ce lieu a plusieurs reprises tout au long de la lecture. Puis la suite nous projette brutalement dans l’espace, nous révélant bientôt le pourquoi du comment de l’avènement de La Traînée Jaune, mais les personnages qu’on y rencontrera, et notamment Blogx, loin de n’être qu’un personnage de passage voué à l’oubli, reviendra dans le scénario, et ce avec un "vrai" rôle ! Blogx le mécréant, convoqué au tribunal pour avoir mis la pagaille sur Terre à cause de sa seringue, devra en effet pour se racheter surveiller Phil Angroca dans sa nouvelle vie de super héros. Il deviendra sa conscience, son grillon parlant, son Jiminy Criquet… Voire un de ses ennemis ; je ne vous en dis pas plus…

Jiminy criquet, disais-je ? Oui, c’est vrai, et Blogx y fait penser lui-même, d’ailleurs, en appelant Pinocchio son protégé. Ce qui me pousse à vous souffler que des références et des clins d’œil aux univers des super héros, vous en trouverez, bien sûr, mais… d’autres sont là aussi, vous verrez, qui sont un peu plus hors champ, comme cet inattendu hommage à Rémi Bricka, l’homme orchestre qui vous avait fait danser avec sa chanson Elle dit bleu !!! Ouah la criiise !!!

Entre qualité graphique digne des meilleurs comics et autodérision du héros dans le récit de ses aventures comme dans les croustillants dialogues, l’équilibre est trouvé sans problème : oui, cet anti-super héros aura réussi à nous faire rire, et oui, cette bande dessinée est vraiment bonne ! Alors, n’hésitez pas, et venez faire connaissance avec La Traînée Jaune aux éditions Scutella : qui sait, un jour, vous aurez peut-être besoin de ses services !
 

Par Sylvestre, le 25 septembre 2010

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