La femme du magicien

Dessinateur :


Scénariste :


Coloriste :


Éditions :

CASTERMAN

Collection :

Studio (A suivre)

Genre :

Fantastique

Sortie :
ISBN : 2203338067

Résumé de l'album La femme du magicien


Au grand dam de ses proches, Edmond a abandonné ses études pour s'adonner à sa marotte, la magie. Des tours, il en connaît un rayon qu'il partage sous le jeu d'une séduction perfide avec sa partenaire Wednesday et la fille de cette dernière, Rita. Totalement sous l'emprise hypnotique du magicien, les deux femmes parcourent au fil des années les plus grandes scènes mondiales au gré d'un succès grandissant. Jusqu'au jour où Wednesday, mise à l'écart pour son physique vieillissant et remplacée par Rita devenue la femme légitime d'Edmond, est retrouvée morte. Le choc est terrible pour celle-ci qui, en plein désarroi, plaque l'artiste qu'elle rend responsable de cette déchéance. Une nouvelle vie, un nouveau départ lui est nécessaire mais l'empreinte indélébile d'Edmond et de son monde virtuel taquine sa conscience. Pourra-t-elle s'en défaire un jour ?


 

Par Phibes, le 21/12/2010

Notre avis sur l'album La femme du magicien


Alors qu'à la sortie de cet ouvrage en 1986, il est à la tête de trois albums qui relèguent son univers au rang de la caricature et de l'humour décalé (Les pionniers de l'aventure humaine, Cornet d'humour et Pas de deo gratias pour Rock ma star), François Boucq repart sur un nouveau one-shot en association, cette fois-ci avec le romancier Jérôme Charyn.


Cette aventure casse quelque peu le mythe des histoires précédentes et de l'univers rocambolesque que Boucq avait mis sur pied. En effet, La femme du magicien vient d'un coup de baguette radical nous immerger dans un monde étrangement hors norme, où se mêlent réalité et fantasme, douceur magique et brutalité crue.


Par ce biais, Jérôme Charyn nous fait vivre, sentir la mainmise douloureuse d'un homme sur la destinée de deux femmes. Si le jeu des personnages est subtil, la manipulation est insidieuse, oppressante, méchante, sans scrupule et donne un goût amer dans la bouche. Le spectacle est garanti 100% décalé, fielleux avec ses allures dramatiques destabilisantes qui prennent la voie d'un thriller fantastique quand l'heure est à la révolte. Tout s'enchaîne d'une manière éclectique, dans un enchevêtrement de situations oniriques parfois complexes, qui font ressentir une sorte de mal être permanent.


Le graphisme de François Boucq correspond parfaitement à l'ambiance bizarre qu'a voulu instaurer le scénariste. Son style est, à lui tout seul, une représentation des plus forte. Si son trait est réellement délicat, le réalisme de son univers atteint un seuil de cruauté qu'il se plait à titiller grassement. Son soin du détail, agrémenté d'une colorisation très claire, prouve que les scènes parfois excessives mises en images sont censées secouer le lecteur et le plonger dans un malaise voulu.


Un ouvrage que certains apprécieront et que d'autres rejetteront. Dans tous les cas, un ouvrage qui indubitablement ne laissera pas insensible et qui reste, pour ma part, du grand Boucq et du grand Charyn.


 

Par , le

Nos interviews liées

Rencontre avec François Boucq pour XIII mystery

Sceneario.com : Pourquoi le choix du Colonel Amos ?
François Boucq : Le scénario était bien, le personnage intéressant graphiquement et au niveau du contenu, psychologiquement. Il est complexe et manipulateur. Il est bourré d’ambigüités, il a une apparence très froide, c’est quelqu’un qui a eu une vie émotionnelle chaotique.
Il a une profondeur et une ambigüité sur différents plans. C’est un homme qui cherche à ourdir des complots et qui est lui-même perturbé par le complot de la vie.  
Sceneario.com : A-t-il été difficile pour vous de vous approprier le personnage ?
François Boucq : Non, c’est comme faire une histoire avec un acteur, il a sa physionomie, on prend le personnage avec ses codes vestimentaires, sa morphologie, sa psychologie, on le fait jouer [...]

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