La faute aux Chinois

Dessinateur :


Scénariste :


Coloriste :


Éditions :

Futuropolis

Genre :

Chronique sociale

Fiction

Thriller

Sortie :
ISBN : 9782754801997

Résumé de l'album La faute aux Chinois

Louis Meunier est ouvrier dans un abattoir, il découpe des têtes de poulet à longueur de journée, et parfois quand il a un contrat il n’exécute pas que des poulets… Louis mène une vie sans ambition, se contentant de son modeste statut social. Mais c’était compter sur l’arrivée de Jean-Claude, le beau-frère envahissant et possessif qui va bouleverser sa vision du monde…

Par Melville, le 12/05/2011

Notre avis sur l'album La faute aux Chinois

Aurélien Ducoudray et François Ravard sont des auteurs que l’on aime à la rédaction Sceneario.com. Alors quand ils sortent un album ensemble on ne peut que frémir à l’idée de l’avoir entre les mains. La faute aux chinois est un livre à l’image de son titre, violent et intriguant.

Aurélien Ducoudray est un scénariste qui aime aborder des thèmes à caractère social (voir même socialiste) fort. Avec son précédent Championzé (réalisé avec Eddy Vaccaro au dessin) il s’attaquait à la xénophobie, un an et demi plus tard il se penche sur la lutte des classes en se posant la question si être ouvrier à encore un sens aujourd’hui. Et à l’instar de Championzé, La faute aux chinois trouve une résonnance dans l’actualité médiatique et politique du moment : à un an de la présidentielle, chaque parti politique se revendique défenseur de la cause ouvrière, mais toutefois une question demeure, de quels ouvriers parlent-ils au juste ? (Et profitons en au passage pour rappeler qu’avec les récents évènements des quotas dans le football, les propos de Championzé sont encore loin d’être dépassés…) Aurélien Ducoudray porte sur notre société un regard vif et acéré. Lucide sans être cynique, il cherche à nous informer mais cette fois-ci non plus comme le journaliste qu’il a été mais comme auteur de bande dessinée. La faute aux chinois est une fiction qui retrace la vie de Louis Meunier, un ouvrier ordinaire en apparence. Son travail consiste à couper des têtes de poulets à la chaîne, mais Louis en exerce aussi un autre, plus sombre encore. Louis est un tueur professionnel, il travail sur contrat. Aurélien Ducoudray tisse un parallèle entre la condition d’ouvrier à l’usine de son personnage et l’autre facette de sa double vie ; transposant ainsi sa réflexion sur les luttes des classes dans la dimension du récit de genre et non pas dans un essai. L’auteur construit une intrigue au suspens haletant où les histoires de famille incarnent sa réflexion. Scandé par la voix off d’un narrateur qui n’est autre que le héros de l’histoire revenant sur son propre parcours, le récit se retrouve à mi-chemin entre documentaire et thriller. Le ton est extrêmement sombre, grinçant et violent, mais de cette violence de types paumés et mise en scène avec toujours une recherche de style. En ce sens on peut penser aux films des frères Coen, mais la comparaison s’arrête là. Pour la dimension graphique on retrouve François Ravard qui pour l’occasion adapte son dessin au récit avec un découpage en gaufrier et une mise en couleur au brou de noix qui offre au récit une atmosphère singulière et pesante. Les cadrages en gros plans, et la mise en scène recherchant le « vivant » chez les personnages renforcent l’approche du témoignage. Du beau travail !

La faute aux chinois est un récit atypique et engagé. Un must à lire d’urgence !

Par , le

Nos interviews liées

Entretien avec François Ravard et Aurélien Ducoudray

Sceneario.com : Aurélien, avant d’être scénariste de bande dessinée tu étais journaliste, est-ce que cela influence ta vision des choses quant à l’écriture de tes scénarii. Je pense notamment en disant cela à l’ancrage fort de tes récits dans l’actualité médiatique et politique, ainsi qu’à cette volonté que tu as de mettre en lumière certain aspect de notre société.
Aurélien Ducoudray : Forcément l'écriture de base journalistique laisse une trace dans la façon d'aborder les sujets (angle, traitement, déontologie) mais le fait de toucher à la fiction permet une grande liberté d'écriture... et donc une sorte d'habitude de recul par rapport à la façon dont on va écrire telle ou telle histoire... C'est un yoyo permanent entre les deux en fait ! Ce qui m'intéresse le plus aussi bien en tant que journaliste photoreporter ou scénariste, ce sont les gens [...]

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