KOMA
Intégrale

Dans une ville où chaque parcelle de terrain est industrialisée, où fleurissent d’innombrables cheminées crachant leur fumée noire et acre, un père, Julius Eme et sa fille Addidas sont tous deux ramoneurs. Un jour Addidas découvre lors de l’exploration d’un conduit de cheminée l’existence d’un monde souterrain peuplé de créatures étranges occupées à activer de mystérieuses machines. Commence alors une formidable aventure…

Par melville, le 1 juillet 2010

Notre avis sur KOMA # – Intégrale

A peu près deux ans après la sortie du sixième et dernier tome, cette série devenue au fil des années un véritable incontournable de la bande dessinée est aujourd’hui rééditée en version intégrale. Pour l’occasion Les Humanoïdes Associés ont opté pour une édition en noir et blanc, et que tout les septiques se rassurent, c’est pour le coup une véritable aubaine.

Avec Koma Pierre Wazem nous prend par la main et nous emmène dans une histoire pleine de tendresse et d’émotion mais également teinté d’onirisme métaphorique et métaphysique. Le récit est d’une grande richesse, d’une densité et d’une profondeur rare qui naissent de l’alchimie entre les mots de Wazem et le dessin de Peeters. Il suffit de croiser le regard de la petite Addidas pour saisir l’intensité du propos de ce livre, et si vous y plonger plus profondément, alors vous ne ressortirez pas indemne de cette expérience. Au travers d’Addidas, c’est la candeur de l’enfance qui s’exprime, c’est cette « naïveté » qu’on perd ensuite à l’âge adulte, cette capacité d’émerveillement, ce regard direct, sincère et emplie d’une édifiante vérité sur le monde.

Au fil des pages l’histoire imaginée par Pierre Wazem s’assombrie, le ton se durci et la cruauté imbécile des hommes s’exprime, mais pour autant la tendresse des débuts n’est pas évincée du récit, elle s’exprime juste sous une autre forme.
Ce qui séduit également dans le scénario c’est le ton des dialogues, teintés d’humour finement distillé, ils offrent une dimension supplémentaire à l’histoire d’où elle puise sa force émotionnelle.

Et puis Koma c’est aussi le dessin de Frederik Peeters. Par son trait, les personnages prennent vie, Peeters leur offre un charisme incroyable ! Comment ne pas être troublé quand la petite Addidas fixe ses grands yeux noirs des les vôtres ? Bouleversant.
L’encrage épais et présent de son dessin donne au noir un rôle de structuration important et c’est en ce sens que se passer de couleurs pour ces planches est vraiment appréciable. En noir et blanc, sans « artéfact », le dessin de Frederik Peeters est comme mis à nu et on peut en saisir pleinement toute la richesse.

Sensible, « intelligent », atypique, Koma est un récit rare et précieux. Très fortement conseillé, une bonne bibliothèque ne saurait souffrir de son absence

Par melville, le 1 juillet 2010

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