Hemingway

Dessinateur :


Scénariste :


Coloriste :


Éditions :

CARABAS

Genre :

Animalier

Aventure

Drame

Fiction

Sortie :
ISBN : 2351000293

Résumé de l'album Hemingway

 
Ernest, Ezra et Scott sont Américains. Ils vivent dans le Paris des années 20 où ils gagnent leur vie en qualité d’auteurs de bandes dessinées. Si pour les deux premiers, ça ne marche pas trop mal, ce n’est pas le cas pour le troisième. Un jour, Ernest a une idée qu’il soumet à ses compères : faire un hold-up pour dérober la caisse d’un établissement où ont lieu des combats de boxe...
 

Par Sylvestre, le NC

Notre avis sur l'album Hemingway

 
Le titre de cette bande dessinée attire l’attention. Serait-ce une biographie du célèbre écrivain portée en images par l’auteur norvégien Jason ? Non. Et pourtant, celui-ci n’a pas hésité à mettre en scène des personnages répondant aux noms d’Ernest Hemingway, de Scott Fitzgerald, d’Ezra Pound ou encore de James Joyce.

Sous les traits qui caractérisent ses personnages (animaliers, chiens ? chats ?), Jason redonne effectivement vie à ces poètes et écrivains mais les fait être... auteurs de BD ! Si Jason colle à une certaine image des personnages l’ayant inspiré (par exemple en faisant de son Scott Fitzgerald un "écrivain raté" comme ça avait été dit du vrai), il en profite aussi pour parler de sa propre expérience, de son propre savoir du quotidien des dessinateurs de bandes dessinées. Ainsi, on a droit aux rapports entre les artistes et leurs femmes, leur lectorat, leur éditeur, etc...

Cela donne lieu à des situations comiques ou "brutales", c’est selon :

- Comiques, par exemple avec cette superbe planche où Hemingway est chez son éditeur qui lui dit de croire en les capacités de compréhension de ses lecteurs et qui lui conseille pour cela d’éviter, par exemple, d’utiliser des cases de narration du style "Un peu plus tard...". Et là, génial, Jason colle justement cette zone de texte ! L’effet comique est assuré !

- Brutales, par exemple avec ces mots grossiers qu’emploie un lecteur croisant Hemingway et déchirant sa BD : le rythme lent du style Jason en prend un coup qu’on n’attendait pas !

Oui, le rythme donné par Jason est très spécifique. Mais il a son charme et son efficacité. J’ai quand même eu un peu peur dès le début quand de très nombreux personnages sont présentés ou suggérés. Peur de perdre des choses en route qui nuiraient à ma compréhension de la suite. Mais non, ouf. Pas de panique : tout passe très bien.

Puis, toujours au début, on remarque que les situations sont souvent développées sur une seule planche et puis on passe à autre chose. Ca paraît donc un peu décousu. Mais cela n’est vrai que jusqu’à la moitié de la BD où, là, coup du maître-scénariste qu’est Jason : l’action démarre, soudant tout ce qu’on avait pu lire avant, nous surprenant, voire nous sortant d’une certaine hypnose.

La seconde partie de la BD n’en ressort que mieux, et c’est une réussite scénaristique ("Hemingway" faisait d’ailleurs partie des BD nominées au Prix du Scénario d’Angoulême !). Jason nous raconte l’action en nous la faisant découvrir sous différents angles en fonction des différents personnages (mode Berceuse assassine, Quintett...) C’est très très bien fait, bravo ! Un sacré hold-up, réussi, mais à l’arrière-goût si tragique...

Au niveau de la construction des planches, on a là aussi un choix artistique qui joue son rôle dans le rythme donné à l’histoire. En effet, quasiment toutes les planches (42 sur 46 !) sont composées de 9 cases de même taille : 3 lignes de 3. Et les 4 planches qui dérogent à cette règle le font de manière sobre : sur l’une on a la ligne centrale où les trois cases sont regroupées en une ; sur les 3 autres, on a le cas où deux cases se fondent en une seule. Et bien figurez-vous qu’à la lecture, on ne s’en rend pas compte ! Et après m’en être quand même aperçu, je me suis fait cette remarque toute bête comme quoi ça veut dire que quelque soit l’envergure de l’action que Jason veut traiter, il réussit à la faire tenir dans une vignette normalisée ! Autant de centimètres carrés lui sont nécessaires pour dessiner une course effrénée que pour dessiner un gars qui dort sur un canapé ! Chapeau !

Il y en aurait des tas d’autres, des choses à dire sur cette BD que j’ai décidément fort appréciée. Mais, là, je commence à être un peu longuet dans ce que je raconte ! Alors, je ne vous dis plus que cette dernière chose : emparez-vous de "Hemingway", découvrez son auteur, ses ambiances, et vous ne regretterez pas d’avoir "essayé" !
 

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