Goat mountain

Dessinateur :


Scénaristes :




Coloriste :


Éditions :

PHILEAS

Genre :

Adaptation

Fiction

Sortie :
ISBN : 9782491467234

Résumé de l'album Goat mountain

Automne 1978, Californie. Un garçon de 11 ans, son père, son grand-père, et un ami, partent chasser le cerf à Goat Mountain. Pour le jeune homme, ce doit être une première, une expérience inoubliable, et l’occasion d’être à la hauteur du clan familial.
Mais tout va basculer subitement, plongeant les quatre personnages dans un enfer, au cœur de ce paysage sauvage…

Par V. Degache, le 31/03/2022

Notre avis sur l'album Goat mountain

Un garçon de 11 ans, son père, son grand-père, et un ami de la famille, Tom, partent à la chasse au cerf à Goat Mountain, dans le Nord de la Californie. Cette chasse devient un rite initiatique familial, uniquement masculin, auquel n’échappe pas le jeune homme, habitué à cette virilité, et à l’absence de toute femme autour de lui, sa grand-mère étant décédée, sa mère partie…

L’album commence comme un hommage aux grands espaces des Etats-Unis, à sa sauvageté, au désir incessant de maîtriser celui-ci, rappelant que les Etatsuniens sont historiquement liés à la nature. On se croirait au début du Délivrance de John Boorman, et, tout comme dans celui-ci, les choses dérapent, ici lorsque l’enfant appuie sur la détente, alors qu’il a au loin un intrus au groupe, un braconnier, dans son viseur. Les auteurs ne jouent pas avec un suspensecentré sur un rodeur qui hanterait la vie du groupe. Son apparition est soudaine, tout comme sa disparition, et ceci dès les premières pages. Les enjeux du scénario sont ailleurs !

Du côté de ce gamin, immédiatement, aucun regret d’avoir tué, ceci est naturel, pas de culpabilité, certainement quelque chose qu’il tient du paternel… ou du grand-père à la figure omniprésente et menaçante.

Que faire ? Se dénoncer ? Enterrer le corps et oublier ? Que décider ?

Le quatuor va ainsi évoluer et se questionner, les lourds liens familiaux se révéler. Une histoire américaine, liant les hommes depuis la naissance de cette nation à la violence, à l’appropriation de son territoire.
Les dessins du Belge Georges van Linthout, et les couleurs de O. Carol, sont efficaces, souvent bi colores, jouant sur un contraste entre le noir et le rouge. Et quand, ponctuellement, les couleurs reviennent et que le paysage s’éclaire, on plonge vite à nouveau dans le tréfond de l’âme humaine.

Adapté du roman de l’Américain David Vann (Goat Mountain, Éditions Gallmeister, 2014), qui avait déjà eu les honneurs du 9ème Art avec Sukkwan island (Ugo Bienvenu, Denoël, 2014), Goat Moutain happe son lecteur avec ce huis clos se déroulant pourtant au cœur de la wilderness californienne.
L’atmosphère étouffante, la violence présente à chaque instant, l’esprit torturé du jeune garçon faisant face à des figures familiales particulièrement timbrées et envahissantes, et un van Linthout qui parvient à donner corps à toute cette équipée, et à faire ressortir toutes les ambiguïtés relationnelles, font de cette adaptation un album fort et puissant !

Par , le

Nos interviews liées

Georges Van Linthout

Sceneario.com: Georges Van Linthout, bonjour, et merci d'être parmi nous. Pour aider les lecteurs qui ne te connaissent pas, je vais te présenter un peu : Tu es Dessinateur, Scénariste, Décorateur, Styliste, euh... polyvalent ?

Georges Van Linthout: J'ai 44 ans, 4 enfants de 20, 18, 16 et 12 ans (un garçon, une fille, un garçon, une fille). Je vis en Belgique, dans le village de Cheratte où je suis né, c'est un village qui se situe près de la ville de Liége et qui fait partie de la commune européenne la plus au nord où on parle encore le français, elle se trouve effectivement à 9 kilomètres de la frontière hollandaise. Je vis dans une maison entourée de vergers menacés par la spéculation immobilière. J'ai la chance de vivre dans un cul-de-sac, ça protège de la circulation et du bruit. Les décors de ce village sont en grosse partie ceux que l'on retrouve dans « La nuit du lièvre ». Comme mon nom ne l'indique pas, je suis belge francophone. d'origine lointaine flamande [...]

Lire la suite ›