GESTE DES CHEVALIERS DRAGONS (LA)
Les soeurs de la vengeance

Agée seulement de 14 ans, Agnessa, alors écuyère, fait preuve d’une sensibilité toute particulière à l’influence néfaste des dragons. Aussi, elle est envoyée au fort d’Ishtar afin de faire son initiation pour devenir une sœur de la vengeance. Ayant compris ce qu’on attendait d’elle, elle refuse son apprentissage. Toutefois, une de ses pairs, Egill, parvient à la convaincre et avec cinq autres jeunes femmes, elle entame sa formation. Elle est enfermée dans une vaste caverne au fond de laquelle se trouve un dragon au-dessus duquel elle va devoir dormir très longtemps pour se charger de son énergie. Lors de son premier réveil, Agnessa fait la connaissance de Syd qu’elle retrouve après une autre période de sommeil. Mais au fil des réveils, elle découvre que le monde de dehors a également changé à commencer par la guerre des Sardes qui provoque la division de l’Empire et aussi celle de l’Ordre des Chevaliers dragons. C’est d’ailleurs lors de la cérémonie de crémation de chevaliers qu’Agnessa va prendre conscience d’un vent de sédition au cœur de leur ordre attisé par Syd en faveur de celui d’Arsalam. Serait-ce le moment pour la jeune sœur de la vengeance de se libérer de son engagement et de prendre son indépendance ?

Par phibes, le 15 décembre 2019

Notre avis sur GESTE DES CHEVALIERS DRAGONS (LA) #29 – Les soeurs de la vengeance

Par cet album, le duo Ange, toujours aussi prolifique dans cette saga qui compte tout de même 29 tomes, vient développer un nouveau concept autour de ses chevaliers féminins. Rompues à combattre les dragons pour éviter que ce dernier, de par sa présence, ne provoque la déformation physique des humains situés à proximité, ces guerrières, vierges de surcroit, se voient associées à un autre corps féminin, les sœurs de la vengeance.

Cette nouveauté a donc pour avantage de renouveler en quelque sorte le genre, évitant ainsi aux coscénaristes de tourner en rond et de donner une meilleure profondeur à leur univers. C’est via la destinée d’Agnessa que l’on va découvrir ces femmes à la spécificité extraordinaire, promises à prendre le relais des chevaliers si leur combat contre le monstre n’a pas abouti.

L’évocation en elle-même est plutôt agréable car elle permet de suivre Agnessa, à la faveur de l’entretien entre la Matriarche et une scribe, sur plusieurs périodes de son initiation et de sa prise de conscience subtilement gérées. Plutôt que de contracter le récit sur un temps voulu, elle s’étale sur un large pan de l’Histoire de cet univers (de l’attaque des Sardes, la scission de l’Empire et de l’Ordre des Chevaliers…) et vient, de ce fait, faire le lien avec des équipées contées précédemment. Comme il se doit, le destin d’Agnessa réserve quelques bons rebondissements (dont le dernier, dans les dernières planches), qui suscitent un réel intérêt.

Si la partie scénario a été réalisée à quatre mains, la part graphique, elle, a été confiée à sept dessinateurs. Intervenant sur une période donnée, chaque artiste a donc illustré le parcours d’Agnessa. Si l’idée se veut digne d’intérêt, elle a malheureusement l’inconvénient d’associer des styles différents et parfois perturbants. Le personnage principal comme ses pairs (Egill et Syd) ont au fil des périodes une représentation qui diffère parfois. Certes, le travail de chacun est incontestable mais ne donne pas une homogénéité parfaite à l’ensemble.

Un 29ème volet qui étoffe l’Ordre des Chevaliers Dragon et qui, à regret, pêche un tantinet par son manque de linéarité graphique.

Par Phibes, le 15 décembre 2019

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