Fins de Siècle

Dessinateur :


Scénariste :


Éditions :

CASTERMAN

Genre :

Drame

Historique

Sortie :
ISBN : 9782203017771

Résumé de l'album Fins de Siècle

Cet ouvrage rassemble deux grands classiques de la bande dessinée : Les Phalanges de l’Ordre Noir et Partie de Chasse.

La première histoire se déroule à la fin des années 1970. Un petit village d’Aragon est rayé de la carte par un groupe terroriste. Pour Pritchard, journaliste à Londres, cet acte horrible signé des « Phalanges de l’Ordre Noir », d’anciens criminels franquistes sur le retour, rappelle les heures sombres de la guerre d’Espagne à laquelle il a participé quarante ans plus tôt. Il prend l’initiative de recontacter ses anciens camarades de combat, tous soixantenaires, pour reformer l’équipe et éliminer ces terroristes. Une course poursuite commence à travers plusieurs pays d’Europe.

La seconde histoire a lieu au début des années 1980 en Pologne. Plusieurs dignitaires du bloc soviétique se retrouvent dans un beau manoir, au cœur de l’hiver, pour une partie de chasse. Mais ces retrouvailles cachent un véritable complot.

Par Legoffe, le NC

Notre avis sur l'album Fins de Siècle

Ces deux récits sont parmi les plus connus de Bilal et de Christin. Les Phalanges furent d’ailleurs la première bande dessinée à rentrer dans le classement Lire des vingt meilleures ventes de livres en France. Nous les retrouvons avec beaucoup de plaisir dans cet ouvrage, complété par l’Epitaphe, un texte sous forme de vers, illustré de dessins, qui se veut un épilogue de Partie de Chasse.

Le travail est remarquable, tant au niveau des dessins que du scénario. Le style graphique est aussi beau que précis. Les planches de Bilal sont tout bonnement saisissantes de réalisme et d’intensité.

Quant au propos, il est fait de mélancolie et de désillusion, celle d’hommes et de femmes qui ont combattus pour des idéaux, au point d’y perdre parfois du sens et de l’humanité. Dans les deux histoires, les personnages se souviennent de leurs batailles, des complots, des manœuvrent politiques autant que militaires qui les ont fait gagnés pour certains (les Russes) ou perdre pour d’autres (les Brigades Internationales). Mais tous y ont laissé de profondes blessures et des souvenirs sombres voire peu reluisants.

Le livre permet de s’interroger sur le sens des idéaux et sur le prix parfois lourd à payer pour y parvenir. Jusqu’où peut-on aller ? La mort peut elle se justifier pour défendre une idée ? La justice n’est-elle pas parfois effacée par la méthode, quand les bons usent des mêmes armes que les bourreaux ? La frontière entre Bien et Mal est alors bien trouble. Tout comme les motivations qui s’effacent parfois avec le temps, qui peut corrompre les âmes.

Outre ces questions, ces deux histoires passionnantes et complexes sont l’occasion de se replonger dans des faits historiques très intéressants. Il est d’ailleurs conseillé, pour ceux qui ne connaissent pas bien le contexte de l’époque, d’en revoir au moins les bases afin d’apprécier ces récits à leur juste valeur.

A noter que ce bel ouvrage, paru en couleur en 2006, a été réédité également en moyen format en août 2008, en noir et blanc cette fois (illustrations du présent article). A vous de faire votre choix !

Par , le

Nos interviews liées

Entretien avec Pierre CHRISTIN

Public : Vous êtes scénariste, quels conseils donneriez-vous à ceux d’entre-nous qui souhaiteraient se lancer dans ce métier ?
Pierre CHRISTIN :
A l’époque où j’ai débuté, dans les années soixante, on devenait scénariste un peu par hasard. Il s’agissait essentiellement de travaux pour les magazines destinés à la jeunesse.
Je suis donc rentré dans la BD par effraction. En voyage aux USA avec mon ami Jean-Caude Mézières, on n’avait plus un sous pour se payer le voyage retour. Suite aux conseils d’un ami, Jean Giraud (alias Moëbius), j’ai commencé à envoyer des histoires à un certain Goscinny pour le magazine Pilote. Il s’agissait avant tout de boucler les histoires, des premières idées jusqu’à la publication, dans la semaine. Il fallait aller rapidement, sans forcément connaître le dessinateur auquel serait attribuée l’histoire [...]

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