L'étoile du soldat

 
Le jour où Nikolaï a reçu sa convocation pour partir au service militaire, il a essayé en vain de se soustraire à ses obligations. Il faut dire que dans son pays, l’U.R.S.S., et à son époque, les années 80, l’appel sous les drapeaux est une épouvantable loterie et Nikolaï n’a justement pas tiré le bon lot : comme il le redoutait, c’est en Afghanistan qu’il a été affecté.

Loin des manœuvres d’entraînement et des planques, son quotidien va le plonger d’entrée dans l’horreur de la guerre. Explosions, tueries, incendies, viols… Nikolaï ne voulait pas tout ça. Lui, il ne demandait qu’à rester au pays et faire danser les gens avec sa guitare.

Mais la scène et les filles sont loin, très loin, lorsqu’en plus d’être soldat involontaire, on devient l’otage de ses terribles ennemis !
 

Par sylvestre, le 1 janvier 2001

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Notre avis sur L’étoile du soldat

 
Co-fondateur de l’agence de presse Interscoop, Christophe de Ponfilly a réalisé plus d’une quarantaine de films dont Massoud, l’ Afghan (1998) et L’étoile du soldat (novembre 2006) qu’il a tourné en Afghanistan avant de décéder le 16 mai 2006 à l’âge de 55 ans. Ce dernier film fit d’abord l’objet d’un livre et c’est la version BD qui sort en cette rentrée scolaire 2007. Une BD comme un bel hommage de plus au journaliste qui ne l’aura pas vue sortir…

C’est en effet avec un réel talent que René Follet dessine ce que les autres ont à raconter, à témoigner. On s’en était aperçu avec Shelena dont la scénariste est Jérômine Pasteur, et voici qu’on se le confirme (si besoin était) avec L’étoile du soldat, rassemblant des scènes dont Ponfilly a été témoin ou acteur. La nouveauté, c’est que là, Follet s’est frotté aussi au travail de scénariste en adaptant le roman. Avec l’aval du journaliste. Et avec succès.

Follet dessine depuis bien des années, mais son trait ne s’est pas vraiment démodé et n’a pas à rougir face à la concurrence des écoles modernes. Son dessin est même très adapté au pays où se passe l’action : comme l’Afghanistan, son coup de crayon est brut mais on y décèle la douceur et la chaleur qu’on finit par trouver même dans le fin-fond du cœur du plus redouté des ennemis quand on prend le temps de mieux le connaître.

Sans longueurs ni fioritures, les tableaux se succèdent. Chacun est très important : la vie avant l’appel, le départ, la guerre dans les rangs russes, le rapt… Puis, des scènes de guerre, on passe à l’accueil – plus ou moins enthousiaste – du chouravi (du Russe) par les moudjahidin. On passe ainsi du journalisme de guerre au document ethno. Et c’est bien là que veulent nous emmener les auteurs : dans cette parenthèse de paix au sein de la tourmente, dans ce sursis empreint du doute quant à la libération de l’otage, aussi. A ce sujet, on pourra retrouver des ambiances du film de Sergueï Bodrov : Prisonnier du Caucase. Et comme lorsqu’on se fait bien expliquer ce qui se passe de chaque côté, on comprend alors les enjeux des uns et des autres, les peurs des uns et des autres… Ennemis face à face quand ils sont soldats, mais candidats à la paix lorsqu’on les prend un par un…

L’étoile du soldat est une poésie de guerre en plus d’être un hommage au journaliste baroudeur. C’est aussi une BD qui nous fera nous régaler une fois de plus du talent de René Follet qu’il vous tardera alors de retrouver courant 2008 aux éditions Des ronds dans l’O avec La fugue, le 3ème volet de la série Une aventure d’Ivan Zourine.

A se procurer sans aucune hésitation.
 

Par Sylvestre, le 2 septembre 2007

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