CROMWELL STONE
Cromwell Stone

Au fil des ans, le "club" que Cromwell Stone forme avec ses amis s’amenuise. Un par un les uns et les autres disparaissent mystérieusement. Une nuit, alors que se prépare la prochaine réunion annuelle, Cromwell débarque chez son ami, Houston Crown, l’un des derniers survivants, et lui révèle être suivi par des ombres… Il lui raconte ensuite qu’il a emménagé depuis quelques mois dans une étrange demeure entourée d’inquiétants phénomènes…

Par fredgri, le 17 janvier 2019

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Notre avis sur CROMWELL STONE #1 – Cromwell Stone

Quelle entrée en matière que ce premier volume qui rend hommage autant aux univers de Lovecraft que ceux de Poe. Pour accentuer ces filiations, Andréas opte pour un sublime noir et blanc qui met en valeur ses adroits jeux de lumière, clair obscurs et autre effets d’ombres qui hantent chaque page, amplifie les silhouettes… à vous glacer le sang !

Homme à priori ordinaire, Cromwell Stone tente malgré tout de fuir cette malédiction qui tue progressivement chacun de ses anciens compagnons d’infortune, avec qui il réussit jadis à survivre à une mutinerie. Alors qu’il cherche son ami Jack Farley, il découvre une étrange demeure et y emménage, mais ça n’est que le début de ce cauchemars qui va progressivement l’amener à courir se réfugier chez Houston Crown…
Un scénario extrêmement tendu, nimbé de mystères, ou tout est bien plus suggéré que véritablement montré. On sent bien qu’il y a une sorte de présence fantastique qui enveloppe petit à petit Stone, Andréas gère avec maestria chaque cadrage, chaque petit craquement, chaque phénomène inexpliqué, c’est d’une extrême virtuosité ! Et cela fonctionne à merveille. C’est inquiétant et le dessin à la fois très précis, détaillé et quelque peu expressionniste de l’artiste participe à cette remarquable atmosphère !

Cet album est l’un des premiers d’Andréas, il arrive en même temps que le premier Rork, et aura nécessité, après Révélation Posthume près de 4 ans de travail. On sent très bien que chaque case est scrupuleusement pensée, que le trait "à l’anglaise" est certainement inspiré de Whrightson (et davantage dans le second volume de la série…), mais c’est absolument éblouissant. Il s’impose comme l’une des très grandes valeurs de la bande dessinée moderne, de ces jeunes maîtres qu’il va falloir surveiller de très près, album après album.

Cependant, les hommages/références sont tout de même très marqués, il faudra attendre la suite pour que l’artiste se révèle plus personnel, plus pertinent, qu’il se libère de ses propres maîtres.

Un indispensable !

Par FredGri, le 17 janvier 2019

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