CITES OBSCURES (LES)
Brüsel

Monsieur Constant est fleuriste, mais pas un fleuriste comme les autres. Un homme qui va avec le progrès, qui suit la science, et se met au plastique, car le plastique, c’est bien connu, c’est fantastique ! Aussi donc il ferme boutique pour effectuer des travaux et rouvrir avec des fleurs impérissables. C’est à cette occasion que le Docteur Ernest Dersenval lui rend visite, l’homme de la dersenvalisation, le fondateur de l’électrophysiologie, l’inventeur de l’éclateur tournant et du circuit oscillant, qui est fasciné par les fleurs en plastique de Monsieur Constant…
Le fleuriste traîne d’ailleurs une vilaine toux, qu’une des employés du Palais lui conseille de soigner sans plus attendre. Ce que fait Constant immédiatement, et le voilà qui s’enfonce dans les méandres du progrès, qui ne semble décidément pas tellement comme on pourrait l’imaginer…

Par Siam l'Archiviste, le 1 janvier 2001

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2 avis sur CITES OBSCURES (LES) #5 – Brüsel

Je viens de finir, d’une traite cet excellent album qui n’a cessé de m’épater, tant par son dessin que par la profondeur de son scenario !
Brusel est aussi une métaphore sur la modernisation de Bruxelles elle-même, en effet nombre de vieux quartiers ont été proprement rasés pour l’édification de batiments plus "modernes", ce qui a eu lieu d’énerver les esthètes bruxellois. Dans cet album donc, on découvre un certain nombre de notables qui entreprennent de changer la face de leur ville sans tenir compte de la beauté de l’architecture en place, comme pour lutter contre un passeisme riche d’une histoire, d’une vie de la pierre qui peut sembler trop pesant.
Cette album est ainsi une sorte d’éloge en deuxieme lecture d’un art de construire, de trouver une ame dans l’urbanisme. Le héros de cette histoire est à la fois un ami du modernisme mais il en est surtout le pitre qu’on balance au grès des accolades, vite dépassé par cette énergie, ce mouvement vers le haut. Les plantes de plastiques sont le symbole de cette humanité qui se fige, qui rejette l’autenthicité, cette flamme qui vascille, ce mur qui s’éfrite, s’abime et s’effondre. L’histoire d’une ville s’inscrit dans le temps, elle dure et elle témoigne d’une gloire passée ou présente.
Quelformidable album, encore une fois ! Schuitten est époustouflant de précision, je ne trouve plus mes mots pour parler de son dessin…

A ne pas louper !

Par FredGri, le 20 mars 2006

Une nouvelle fois, les auteurs, Schuiten et Peeters nous livrent ici une critique acerbe du progrès et de ses méfaits. Allez plus vite, plus haut, voir plus grand, sans regarder en arrière et ne pas assurer des bases solides, et voilà le résultat, une dépersonnalisation de la société, où l’on devient un numéro, sans identité… Cela ressemble bizarrement à une société moderne ne trouvez pas… A mon avis cela ressemble beaucoup trop pour être un pur hasard ou une simple affabulation de la part des auteurs, mais que cela arrive si vite dans notre univers réel est assez évocateur des problèmes qui surviendront ensuite, mais ce n’est pas le sujet…
Ce tome nous permet de découvrir une nouvelle cité de l’univers des Cités Obscures. Enfin cité, cela est un bien grand mot, puisque le projet de faire de la ville une ville énorme semble un peu farfelu et démesuré, ce qu’il se révèle être en vérité. Il n’y a nul doute à avoir, Schuiten et Peeters maîtrisent décidément nombre de voies scénaristiques et graphiques, les cités sont pensées dans le moindre détail, les rouages des administrations également, il y a même les groupes dissidents et les terroristes du dimanche, comme les gens paumés et qui sont enfouis sous les gravats du progrès. Bref, c’est ultra détaillé, que ce soit dans le graphisme, dans la construction de l’histoire ainsi que dans l’insertion dans la cohérence de l’univers des Cités Obscures créées par ces deux auteurs qui définitivement, m’épatent, littéralement.
Je vais me répéter pour la 5ème fois (c’est le cinquième tome présentement), mais c’est un ouvrage et une série que vous devez avoir dans votre collection.
Assurément.

Par Siam l'Archiviste, le 4 décembre 2003

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