Chronique(s) de nulle part

Dessinateur :


Scénariste :


Coloriste :


Éditions :

Aaarg!/Bigger Boat Scop SARL

Genre :

Chronique sociale

Drame

Vie Quotidienne

Sortie :
ISBN : 9782370310392

Résumé de l'album Chronique(s) de nulle part

Sept chapitres, sept histoires qui ne sont pas, au premier abord, liées, mais qui progressivement se rejoignent, créent des ponts... Qu'il s'agisse de cet homme qui sort de prison, qui se souvient de Marie, de cet autre mec qui le lui a piqué, de cette histoire qui s'est mal terminée. Ou ce gamin qui fantasme sur cette Isa, qui espère qu'elle viendra à son rendez-vous... Puis il y a ce gars qui fait le point sur sa vie, cette jeune fille qui n'en peut plus de sa famille, ce journaliste qui enquête sur des enfants disparus...

Par Fredgri, le 08/10/2015

Notre avis sur l'album Chronique(s) de nulle part

Difficile de résumer cet étonnant album qui semble résonner d'une multitude de voix, qui nous prend aux tripes, qui nous entraîne dans ces récits intimistes !
Un homme qui s'est fait larguer par la femme qu'il aimait, qui ne sait plus ou il en est, une jeune fille qui ne supporte plus sa famille, qui se croit vide et qui se retrouve enceinte, un gamin qui rêve de star du ciné, qui a envie de plonger dans les yeux d'une belle qu'il observe... Ces histoires sont bouleversantes et pleines de justesse, elles nous tordent les boyaux !

Pierrick Starsky ne tente pas de construire des grosses intrigues alambiquées, il dresse juste le portrait d'hommes, de femmes, d'enfants qui perdent parfois pieds, qui vivent dans le monde réel, dans un monde sombre parfois, mais propice aussi à des rencontres qui peuvent tout changer ! Et cette volonté de ne pas se cantonner dans les habituels archétypes narratifs donne toute la force de ces histoires courtes. Elles ne sont pas là pour obéir à une quelconque logique, elles sont surtout là pour suivre des yeux ces personnages "extra-communs" qui veulent juste se retrouver ou se découvrir... !

Ces récits s'attardent donc sur des parcours humains très touchants, en évitant de porter un jugement extérieur, tout en suivant uniquement des textes off. Ce qui permet au scénariste de rester concentré sur le ressenti des uns et des autres, en monologues subjectifs, qui ressassent de temps en temps, qui nous immergent tout de suite dans les pensées des protagonistes, presque en retrait sur ce qui se passe à l'extérieur ! On s'implique, on vibre en les écoutant, on les rencontre...

On a ainsi le sentiment que l'essentiel n'est pas tant soit peu dans les récits eux même que dans la perception qu'en ont les "héros" qui traversent ces pages, se résignant à suivre les divers évènements sans pour autant tenter de les changer !
Et ce qui est passionnant c'est la très adroite harmonie entre d'une part les incroyables textes de Pierrick Starsky, plein de vécu, de cette texture rocailleuse qui n'appartient qu'à lui (lisez aussi ses excellent éditos d'Aaarg! vous comprendrez...), puis les dessins de Rica, secs et très justes, mis en scène avec une vraie intelligence, sobre et vibrante de vie !

Il en ressort un album qui ne laisse pas indifférent, voir même qui nous retourne dès les premières pages ! (Je conseille aussi l'interview croisée, en fin de volume, qui permet de contextualiser, d'entendre la voix des auteurs et cette complicité qui les a réunis !)

J'avais déjà été marqué par la lecture des récits dans Aaarg!, mais j'avoue que retrouver l'ensemble dans cet album est un vrai plaisir de bande dessinée atypique, sans concession !

Très recommandé !

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Nos interviews liées

AAARG! Rencontre avec Pierrick Starsky

Interview réalisé par Placido, avec la participation de Melville, au FIBD d'Angoulême.
Quand on lit l’édito du n°1 de AAARG! c’est plutôt clair, ce que vous proposez va être différent du reste. De quoi est partie cette envie de donner « un grand coup de pied dans la fourmilière » ? Ces dernières années on s’est prit en pleine face la crise qu’on connaît et qui a touché tous les secteurs, y compris celui de l’édition, et de façon inhérente, celui de la BD. Alors, ça touche certains plus que d’autres, parce que lorsqu’on est déjà pauvre depuis 10 ans, on la sent moins passer, quand même, la crise, faut dire ce qui est. Le fait est que je me retrouve entouré d’amis auteurs, dessinateurs, scénaristes, qui se retrouvaient à avoir de plus en plus de mal à placer des projets – de moins en moins bien payés, chez des gros éditeurs qui pourtant, eux, de leur côté, vendent de plus en plus – et les mêmes auteurs qui se pliaient de plus en plus à des contraintes liées à celles des commandes [...]

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