CHAPMAN
Les années sang et or

A la suite de l’accident de F2 survenu en avril 1968 à son ami Jim Clark et la disparition de Mike Spence lors d’un test quelques semaines plus tard, Colin Chapman, fortement éprouvé, se met dans la tête d’abandonner la compétition. Toutefois, le succès grandissant de Graham Hill finit par rebooster le moral du Team Lotus qui, lors du 26ème grand prix de Monaco, engage une voiture "aérodynamiquement" retravaillée et dont le concept va être suivi par d’autres compétiteurs. Mais les résultats se font attendre, les défaillances mécaniques et les abandons étant trop fréquents au point de passer à côté des championnats. Aussi, après avoir remodelé partiellement l’équipe de pilotes, le succès revient grâce à Graham Hill. De même, après avoir mis le capital du Groupe Lotus en bourse, il ne tarde pas à en récupérer les fruits. Tout pourrait aller pour le mieux sauf qu’un vent gronde parmi les pilotes, réclamant plus de sécurité sur les circuits et dans leurs bolides. Et ce n’est pas la toute nouvelle lotus 63 qui va améliorer les choses. Colin Chapman va devoir prendre les devants.

Par phibes, le 6 décembre 2012

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Notre avis sur CHAPMAN #2 – Les années sang et or

Nous replongeons dans l’univers bruyant et enflammé des grands prix grâce à la suite de l’évocation biographique de Colin Chapman, le fondateur du Groupe Lotus. Denis Bernard est toujours à la manœuvre, une manœuvre qui lui permet de narrer et chronologiquement la vie de ce grand personnage dont la science a laissé son empreinte dans le monde automobile et plus particulièrement dans la compétition.

Après s’être rapporté dans un premier temps à la période allant de 1956 à 1968, le récit biographique reprend à la mort du pilote Jim Clark (1968) jusqu’à la fin 1970. Durant la période traitée, le scénariste s’attache à nous démontrer que la destinée du constructeur Lotus n’a pas été des plus simples. Entre les prouesses technologiques avant-gardistes, les succès plus ou moins marquants obtenus lors des nombreux Grands Prix d’un côté, et les désillusions amères, les pannes, les doutes, les drames, de l’autre, Colin Chapman a dû composer pour que sa firme soit reconnue universellement.

Cet épisode reste des plus entreprenants de par la qualité de son évocation certes un peu rapide mais suffisante pour saisir les étapes essentielles de la vie du constructeur. La voix-off utilisée, très présente, évite judicieusement de tomber dans une technicité de puriste, ce qui, en soi, est une bonne chose pour sensibiliser le non-initié. Denis Bernard fait, une fois encore, un gros travail documentaire qu’il distille au travers d’un choix aiguisé de dates clés, de faits bien précis. A ce titre, nombreuses sont les courses auxquelles le Team lotus a participé à être citées, permettent ainsi, à leur énoncé et à leur développement, de redécouvrir des personnalités du sport automobile que l’on a pu suivre ou entendre auparavant.

Graphiquement, l’association des trois dessinateurs fait toujours recette tant la qualité est au rendez-vous. Que ce soit au niveau des décors, des personnages et évidemment des nombreux bolides, l’inspiration est réellement remarquable. Pour ce dernier point, particulièrement, on pourra apprécier l’authenticité, la précision architecturale des voitures de courses et également les sensations de puissance et de vitesse qu’elles dégagent dans de multiples vignettes.

Un très bon tome biographique vrombissant à déguster pied au plancher dans la collection Plein Gaz de chez Glénat !

Par Phibes, le 6 décembre 2012

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