Black Jake

Dessinateur :


Scénariste :


Coloriste :


Éditions :

CASTERMAN

Collection :

KSTR

Genre :

Drame

Polar

Sortie :
ISBN : 9782203011649

Résumé de l'album Black Jake

Jack Brennan, inspecteur de police de la ville de Los Angeles, est appelé pour enquêter sur l’agression d’une religieuse dont la sauvagerie met en ébullition la communauté mexicaine de la grande cité. Toutefois, au grand dam de son supérieur hiérarchique et de son partenaire, l’officier ne semble pas faire preuve d’un entrain débordant. Il est vrai que Brennan mène une vie bien dissolue, plus que répréhensible, à cause de son penchant pour la drogue et de sa façon de s’abriter derrière son insigne lorsqu’il y a bavure. Les liens avec sa famille partent en lambeaux et sa propension à la violence n’en fait pas un modèle de père. Aussi, le jour où Brennan, en quête de liquidité, engage des paris hasardeux auprès du caïd local, El Diablon, le glas annonçant le crépuscule de sa misérable existence sonne lugubrement.

Par Phibes, le NC

Notre avis sur l'album Black Jake

Will Argunas revient sur les étalages avec un nouveau one-shot, après son fameux "Missing" publié dans la même collection KSTR de chez Casterman. Fidèle au style noir qui semble lui coller à la peau, il met en piste un autre flic peu fréquentable, travaillant en marge des enquêtes réalisées par ses collègues, qui va sombrer dans une spirale infernale.

Bien inspiré par des films américains aux ambiances glauques, de préférence des polars bien noirs, dans lesquels les représentants de la loi ne sont nullement des modèle du genre, il nous entraîne dans un récit à tiroirs oppressant bien orchestré, se déroulant sur plusieurs époques très proches. Son héros (si on peut dire !) se découvre à nous progressivement, au fil de ses rencontres sur le terrain et des péripéties morbides qu’il n’a de cesse d’accumuler. C’est ainsi que l’on parvient à cerner le personnage, qui en toute impunité, n’hésite pas à transgresser ce qu’il est censé représenter.

Utilisant des dialogues chocs, décrivant avec force la violence dans laquelle baigne en permanence l’officier de police, Will Argunas capte notre attention en diffusant des rebondissements inquiétants et bien amenés. A ce titre, il nous fait toucher du doigt les bas-fonds de son intrigue qui se révèle assez surprenante tant les actes perpétrés sont déstabilisants et brutaux. Par ailleurs, il joue également sur les contrastes en opposant par exemple Brennan (symbole de déchéance existentielle) à un religieux (symbole de pureté d’esprit).

Le sentiment d’oppression et de noirceur est renforcé par le dessin atypique de l’auteur qui fait preuve d’une polyvalence bien probante. Son trait à la fois réaliste et approximatif (ou plutôt ses traits, car il ne plaint aucunement les coups de crayon) colle à merveille à l’atmosphère délétère créée par l’intrigue et fixe sans contexte le côté psychologique troublant du personnage central. S’appuyant sur des représentations d’acteurs américains que l’on semble reconnaître, il entretient une pesanteur permanente et nauséabonde autour de son histoire qui reflète idéalement la dérive de Brennan.

"Black Jake", en référence au jeu pratiqué dans les casinos, est un nouvel atout dans la production de Will Argunas que je conseillerais sans retenue à tous ceux qui apprécient les polars noirs au scénario violent et remuant.

Par , le

Nos interviews liées

Entretien avec Will Argunas et Marie Moinard

Interview réalisée par melville en janvier 2012 à l’occasion de la réedition de Bleu(s) de Will Argunas chez Des Ronds dans l’O

WILL ARGUNAS Sceneario.com : Bleu(s) traite de la maltraitance des enfants, que représente le choix de cette thématique pour vous ?
Will Argunas : L’envie de parler des plus faibles, d’un épisode de mon enfance (chute dans un couloir et coma bref à l’école), de compenser avec un truc chaleureux (mes rapports avec mes parents, et surtout mon père, pour m’avoir toujours soutenu dans ce choix difficile d’auteur bd). Quand j’ai écrit et dessiné Bleu(s), je vivais à Paris dans une studette, et j’étais caissier chez Ed pour vivre. Je venais de passer 3 ans sur un projet bd d’héroic fantasy, qui n’a jamais abouti (je ne pense pas être fait pour ce type de récit de toute façon), et de cet échec est né Bleu(s) [...]

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L'HOMME SQUELETTE par Tony HILLERMAN & Will Argunas

Sceneario.com : Bonjour Will ! Le mois d'avril prochain, sort ton dernier album, L'homme squelette, issu d'un roman de Tony Hillerman et édité chez Casterman. Qu'est-ce qui t'a poussé à adapter cet auteur et pourquoi avoir choisi l'un des derniers romans de la saga policière qu'il ait écrit liée à la police tribale Navajo? Est-ce une volonté personnelle ou plutôt conduite par ton éditeur ?
Will Argunas : Disons que ça faisait quelque temps que je n’avais pas lu de roman paru chez Rivages, bien qu’étant un grand lecteur de polar, tout genre et tout éditeur confondu. Après avoir rencontré Laetitia Lehmann à BDBOUM en Novembre 2009, et avoir appris que je pouvais proposer un projet, alors que jusque là c’était quand même une collection réservée aux « grands », je me suis mis en quête de titres [...]

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Will ARGUNAS fait son jeu avec Black Jake

Sceneario.com : Bonjour Will ! En guise de mise en bouche, pourrais-tu nous expliquer ce qui t'a poussé à faire de la BD ?
Will Argunas : Comme beaucoup de personnes qui ont une idée très précise de ce qu’ils veulent faire "plus tard", j’ai toujours voulu être dessinateur de bd. Et avec le temps, l’énergie, la "foi", le travail, c’est devenu bien réel. A l’époque, je ne distinguais pas encore les enjeux que cela représente bien sûr. Et, si finalement je suis maintenant auteur de BD (j’écris mes propres histoires), c’est tout simplement par ce que j’ai des choses à dire, à exprimer, à exécuter. Sceneario.com : Quels sentiments ressens-tu en voyant tes ouvrages publiés à grande échelle chez un éditeur de renom ?
Will Argunas : C’est une grande fierté, un honneur, et déjà une belle récompense de mon parcours puisque j’ai commencé chez les petites éditions Triskel (qui n’existent plus aujourd’hui) à l’époque où j’étais caissier de supermarché [...]

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