L'artiste de la famille

Durant un an, l’auteur écrit une sorte de journal intime.
Et puis, l’envie le prend de dessiner au fil de ses humeurs et de son inspiration sur les textes écrits. Sans contrainte de lisibilité ou d’éditorialement correct , Manu Larcenet crayonne et puis publie cette poésie moderne presque pamphlétaire que donnera au final « L’artiste de la Famille ».
Comme le naturel et la spontanéité n’ont pas d’équivalent en matière de sincérité, le résultat est ingénu, profond et le jeu des traits sur les mots, tel un Devos sur scène ne se laissant pas conter, nous entraîne dans un tourbillon rapide, direct et cru au beau milieu de sa nuit et de ses angoisses.
L’artiste de le famille est une longue pensée un peu cruelle sur le monde qui l’entoure et sur son égo ..

Par MARIE, le 1 janvier 2001

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Notre avis sur L’artiste de la famille

15 mai 2000, l’histoire commence avec un A majuscule comme Artiste mais ça pourrait aussi être Aujourd’hui. Et ainsi, durant à peu près un an, Manu Larcenet écrit ses réflexions, ses sentiments sur ce qu’il vit.
Les textes se baladent au milieu de grandes illustrations en n&b. A la base, les dessins sont inspirés par la forme de ce qui est écrit, les masses, les pleins et les déliés, les accents, tous ces signes qui forment de quoi inspirer l’imaginaire. A l’arrivée, un joli livre introspectif, du moment qu’on veuille bien faire l’effort de se libérer des à priori et qu’on utilise un instant, le regard de l’auteur.
Le dessin est un exercice de traits apposés sur les mots et qui donnent des formes plus ou moins épurées ou au contraire très modelées en fonction de l’état d’esprit de l’auteur.
Sans chercher à illustrer le texte, il le réalise pourtant. C’est sans doute du à la magie artistique, celle qui donne aux auteurs cet instant de grâce, proche du hasard qui fait l’inspiration.
Larcenet démarre avec un A majuscule. Ce A invite à toutes les errances poétiques ou autres rêveries et même si le sujet traité n’est pas très optimiste, on plonge avec indiscrétion dans les mystères qu’il annonce. Soit, l’ennui, la peur de se tromper, l’isolement dans son propre monde et l’insécurité dès qu’on se met en avant, entre autre.
Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Fred, le grand dessinateur, qui a déjà réalisé une fresque poétique avec son héros Philémon en commençant également sa série avec des lettres dont le A tout naturellement. Larcenet termine avec le E ..Il dit E de l’échec, moi je dis de l’Eveil parce ce que vraiment, sur ce coup là, c’est un coup gagnant, c’est Echec et Mat et même si on ne s’éclate pas en lisant cet album, on est absorbé, on regarde, on lit et on apprend !
J’aime beaucoup cet interlude et ce titre « L’artiste de la famille » comme pour dire le pauvre, ou le simplet…
Jolie émotion sans provocation, ni excès, juste intimement, elle et nous.
A mettre dans un shaker et à bousculer pour un meilleur résultat à moins que ce ne soit nous qui devrions réagir…… se bouger quoi ! Joli exercice d’auteur à ne pas manquer.

Par MARIE, le 7 février 2005

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