ANISS
Le tapis violent

Aniss et Naïly se sont enfuis de l’auberge dans laquelle ils ont déclenché une bagarre. Ayant distancé leurs poursuivants, ils se doivent, maintenant, de filer droit vers la capitale du royaume apporter au Monaark le message mystérieux que le jeune livreur de tapis a hérité d’un cavalier mortellement blessé. Mais la chose n’est pas si simple car dans cette affaire, Aniss a perdu le fameux tapis volant qu’il était sensé livré à El-Astik et cette nouvelle mission n’est pas pour lui plaire. Surtout que le contenu de ce message dont Naïly a osé prendre connaissance est des plus alarmants. En effet, un groupe d’opposant au régime se prépare à renverser le monaark en lançant une opération guerrière qui devrait se dérouler par les airs. Devant cette menace imminente qui a un lien direct avec le tapis qu’Aniss a perdu, les deux aventuriers se décident à partir à sa recherche. Parviendront-ils à le retrouver ? Pour cela, ils vont devoir se transporter dans le fief des conjurés.

Par phibes, le 24 août 2014

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Notre avis sur ANISS #2 – Le tapis violent

Aniss et Naïly, les deux parias qui nous ont été donnés de suivre dans leurs premières circonvolutions respectives se retrouvent dorénavant, grâce à ce deuxième et dernier épisode, sous la même bannière aventurière. En effet, après avoir vécu moult désagréments, les deux jeunes gens (de confessions différentes, l’un étant livreur de tapis, l’autre scientifique) font cause commune pour contrecarrer un complot menaçant leur royaume.

Faisant fi des revers précédents, Aniss et Naïly sont donc appelés, à la faveur de leur esprit chevaleresque, à trouver le moyen de déjouer la conspiration qui doit aboutir, comme l’on a pu le découvrir dans la page d’ouverture du premier tome, au sacre (mélancolique) de Naïly. Evidemment, cette équipée ne va pas se faire dans la plus grande simplicité pour nos héros et va, de fait, les entraîner dans une kyrielle de péripéties.

Cet opus bénéficie de la même fraîcheur scénaristique qu’antérieurement. Grâce à ce monde imaginaire qu’il a créé, Eric Corbeyran s’amuse a plongé ses protagonistes généreux dans des tribulations dotées certes d’un exotisme oriental gentillet mais également d’une forme d’humour potache qui fait mouche. A cet égard, le scénariste se joue sympathiquement de la gaucherie de celui qui a donné son nom à la saga, lui faisant faire toutes sortes de gaffes dans une naïveté poussée à l’extrême. Par ailleurs, il donne les pleins pouvoirs à Naïly de façon à ce qu’elle oriente, scientifiquement, l’aventure. Il en ressort donc une intrigue pleine de fantaisie, qui n’élude pas un petit côté dramatique et qui se laisse regarder sans déplaisir aucun.

Le dessin d’Olivier Milhiet reste d’une fraîcheur toujours aussi convaincante. Malgré peut-être une perte de finesse à certains moments, son trait porte bien cette aventure aux accents des mille et une nuits. L’humour est bien restitué grâce au jeu des expressions de certains personnages (tels Aniss, les mercenaires…) ainsi qu’à la mise en évidence de certaines situations poussées à l’extrême. L’artiste fait preuve d’une certaine inventivité pour évoquer le monde (médiéval) d’Aniss grâce à des paysages dépaysants et des animaux extraordinaires. La colorisation, quant à elle, se veut remarquablement chaleureuse et lunimeuse à la faveur d’un choix averti de tons.

Une fin de diptyque pleine de bonnes intentions, à lire en famille et qui pourrait, compte tenu de la finalité, rebondir éventuellement sur un deuxième cycle (ne serait-ce que pour assécher les larmes de Naïly). L’avenir nous le dira !

Par Phibes, le 24 août 2014

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