Les anges d''auschwitz

Petit il s’imaginait que les anges l’entendaient, que s’il les priait suffisamment fort, ils pourraient permettre à son père d’être là plus souvent. Des années plus tard, à Varsovie, en plein hiver, alors qu’il vient de rencontrer une jeune femme dont il est follement amoureux, il voit débarquer les nazis qui après avoir tué son père envoient toute la famille à Auschwitz… Pour se protéger de cette horreur dans laquelle il vient de sombrer, il repense à ces anges, il prie et espère, mais bien évidemment…

Par fredgri, le 20 janvier 2020

Publicité

Notre avis sur Les anges d »auschwitz

L’horreur qui se cachait dans ce camps, que l’on devine derrière ce nom qui a traversé l’histoire, qui laisse planer le spectres de ces milliers de juifs qui ont disparu, anonymement, une fois la grille passée, nous la redécouvrons dans ces pages que nous proposent Stephen Desberg et Emilio Van Der Zuiden !

Alors, c’est vrai, me direz-vous, on a mille et une fois fait vibrer les cordes sensibles en évoquant la réalité et la violence qui rythmaient le quotidien de ces prisonniers, coupables de simplement n’être ! Seulement ici, les auteurs se concentrent sur le regard d’un seul, sur ses mots tandis qu’il traversent cette "épreuve", qu’il essaie de survivre tant bien que mal en continuant de croire en ces figures protectrices que sont les anges !
Desberg ne tente pas de rendre les choses plus lisses, ni même de forcer l’indicible. De même que l’hypothétique morale découle directement de la situation, sans qu’il ne soit besoin de créer des personnages génériques ou d’amener le vague espoir de quelque chose d’exceptionnel. Malgré tout, le ton du scénario, faussement détaché, nous émeut dès les premières évocations de ces anges, ou cette histoire d’amour auprès d’Hannah ou encore la séparation d’avec la mère et la sœur. Le "héros" est sensible, mais suffisamment fort pour observer et garder la tête haute…

Nous n’apprenons rien de particulier, le but de cet album n’est clairement pas là. Il s’agit ici d’une mémoire qui se partage, d’une étincelle d’Histoire qu’il faut garder encore frémissante pour ne pas oublier, avec toute la finesse d’écriture de Desberg et cette beauté douce et subtile du dessin de Van Der Zuiden.
Car, même si l’on est loin de Margot, de McQueen ou des Beresford, le trait est là, magnifique, tout en retenu, qui colle parfaitement au récit, aux situations, à cette intrigue touchante et bouleversante !

Un album qui se lit posément et qui laisse à réfléchir, une fois la dernière page refermée !

Par FredGri, le 20 janvier 2020

Publicité