AMAZONIE
Episode 1

En 1949, en pleine forêt amazonienne, le train-train quotidien du dispensaire du Révérend Laughton est perturbé par la découverte du corps mortellement blessé d’un photographe qui, juste avant de mourir, souffle avoir photographié quelque chose extraordinaire. Intrigué par cet aveu, l’ecclésiaste part le lendemain pour Manaus, la capitale, pour y faire développer la pellicule. Surpris par ce qu’il voit sur une photo, il fonce chez son ami le consul d’Angleterre Maughan afin de l’informer de sa découverte. Lui-même interloqué par le cliché, le diplomate décide d’avertir le MI6 à Londres. Mis au courant de l’étrange trouvaille, Sir Charles décide d’appeler son meilleur élément, l’agent Kathy Austin, qui, pourtant en vacances chez ses parents, reçoit son appel comme une délivrance. Elle retrouve très rapidement son patron qui, en lui montrant l’étrange photo, lui expose sa nouvelle mission, à savoir partir à la recherche de l’humanoïde hors norme qui s’y trouve dessus. Pendant ce temps, à Manaus, un groupe d’agents allemands a eu vent de la découverte et décide, lui-aussi, à se lancer dans les investigations.

Par phibes, le 28 septembre 2016

Notre avis sur AMAZONIE #1 – Episode 1

Avec Amazonie, s’ouvre un nouveau cycle, le troisième, de la saga originelle intitulée Kenya. A nouveau réunis, les artistes de la première et de la deuxième saison, replongent donc dans cette grande aventure aux ambiances de guerre froide et d’étrangetés, toujours portée par leur personnage de prédilection, la sémillante Kathy Austin.

L’on pourra s’accorder que si ce nouvel épisode joue le dépaysement puisqu’on quitte les coins reculés du continent africain (Kenya et Namibie) pour ceux de l’Amérique du Sud (au Brésil, dans l’Etat de l’Amazonas), il se veut rester conforme au concept des précédentes équipées. Ici, c’est la découverte d’un être extraordinaire qui va pousser les agents britanniques du MI6 et ceux d’autres pays antagonistes à se lancer dans une course endiablée. Utilisant donc un mode opératoire totalement éprouvé, les coscénaristes Leo et Rodolphe arrivent malgré tout, de par un déroulement parfaitement huilé, à nous subjuguer sans problème.

Cette mission gouvernementale aux portes de l’étrange repose sur une intrigue toujours aussi forte, entêtante par le fait que l’on souhaite ardemment à savoir un peu plus sur l’humanoïde aux particularités très exotiques. Tout en se posant les questions qui n’auront de réponses que dans les tomes suivants, on se nourrit de ces quelques bribes qui nous sont laissés chichement au fil des pages.

Ce tome a l’avantageuse particularité de s’intéresser un peu plus à la personnalité de Kathy Austin, fuyant une vie rangée au profit d’une aventure périlleuse toujours aussi addictive. Cette dernière donne l’impression de grandir en charisme. Par ailleurs, l’on pourra apprécier certains seconds rôles comme le Consul Maughan (particulièrement nature) et le Révérend Laughton qui amènent avec eux une cocasserie bien agréable à percevoir. Côté ennemis, on ne sera pas en reste, ces derniers étant toujours munis d’intentions peu affriolantes.

Le travail au dessin de Bertrand Marchal reste d’une facture remarquable. L’artiste conserve ce trait réaliste qu’il a su faire évoluer de façon profitable depuis Les châtiments de l’an mil et qu’il entretient subtilement en rapport avec l’univers pictural de Leo. Sa mise en images est très habile, dynamique, découvre des décors qui mêlent à la fois époque historique et paysages exotiques et révèle des personnages superbement convaincants.

Un premier volet dans la trame des précédents qui, malgré tout, nous ouvre des perspectives étranges comme savent les cultiver adroitement le fameux trio. Vite, on en redemande !

Par Phibes, le 28 septembre 2016

Publicité