ALISIK
Hiver

Sans aucun souvenir de son passé, la jeune Alisik a dorénavant accepté son funeste destin. Entouré de ses cinq compagnons décharnés, les post-mortem, elle est dans l’attente que Monsieur Morrt statue définitivement sur son sort et l’envoie soit vers la lumière, soit dans les ténèbres. Dans cette perspective, elle jouit de ses sorties nocturnes qui lui ont permis d’apprendre que le vieux cimetière où elle réside dorénavant est menacé de disparition au profit d’un centre commercial. De même, elle a fait la connaissance de Ruben, un garçon de son âge qui a la particularité d’être aveugle et de communiquer avec elle. C’est en recherchant le responsable de la cécité de Ruben qu’Alisik, à son plus grand désarroi, va lever un pan de son passé.

Par phibes, le 16 juin 2014

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Notre avis sur ALISIK #2 – Hiver

Quelques sept mois après le premier tome, la maison Le Lombard édite la version française de ce conte gothiquo-romantique concocté par deux artistes allemands remarquablement inspirés par la malheureuse destinée de leur personnage Alisik.

Après une ouverture automnale, le petit cimetière où résident des êtres fantomatiques revient à nous cette fois-ci revêtu d’un manteau blanc et frappé par le froid, sous le couvert d’une nouvelle saison, l’hiver. On pourrait penser à cet égard que la neige ambiante serait de nature à figer le vieil ossuaire. Or, il n’en est puisque Hubertus Rufledt et Helge Vogt ont décidé au contraire de sortir de sa léthargie mortelle la jeune Alisik et lui faire vivre d’autres moments à sensations. A cet effet, cette dernière, bien que maintenant adaptée à sa condition de zombie amnésique est appelée à recouvrer certains souvenirs personnels à la faveur d’une amourette totalement improbable avec un vivant.

Il ne fait aucun doute que cette destinée post-mortem reste dans un concept toujours aussi ensorceleur. Certes, la surprise n’est plus de mise mais l’aventure d’Alisik bénéficie toujours d’une sensibilité poétique et d’un romantisme enchanteur. Assurément, le parcours initiatique du personnage principal promet de bons petits rebondissements parfois horrifiques qui tendent à mieux appréhender l’univers obscur dans lequel elle a échoué et à rendre moins opaque sa destinée fantastique. L’intrigue en filigrane se dessine progressivement et vient non seulement déliter le voile opaque du mystère de la mort d’Alisik mais aussi de compléter celui des fautes mortelles des compagnons de la jeune fille (ici Allumette et Frings).

Helge Vogt conforte son dessin à forte inspiration manga. L’univers nocturne enchanteur qu’il a mis sur pied précédemment se retrouve cette fois-ci immergé dans de nouvelles ambiances hivernales. Force est de constater que grâce à une palette de couleurs superbement maîtrisée et un travail pointu sur les décors, l’artiste trouve la juste représentation pour bien camper la saison froide et à jouer sur les contrastes. Pareillement, il a l’avantage de rendre ses personnages expressifs à la faveur d’œillades profondes que l’on a plaisir à suivre. De même, il sait parfois initier l’effroi via des apparitions monstrueuses bien inquiétantes.

Un deuxième épisode qui sait figer de par sa féérie ambiante et sa thématique mortuaire, et qui sait aussi étreindre chaudement les cœurs de par les sentiments mis en avant.

Par Phibes, le 16 juin 2014

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