AIRBORNE 44 #1 Là où tombent les hommes

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Dessinateur :


Scénariste :


Coloriste :


Éditions :

CASTERMAN

Genre :

Drame

Guerre

Historique

Sortie :
ISBN : 9782203013728

Résumé de l'album Là où tombent les hommes


Au cœur de la forêt ardennaise, à la veille de Noël 44, le sergent américain Luther C. Jepsen vient d’essuyer quelques tirs avec la soldatesque allemande. Après avoir laissé la vie sauve à l’un de ses adversaires, le GI ne peut que constater que, dans l’escarmouche, son unité a subi de grosses pertes. Egarée dans cet enfer blanc, son escouade réduite finit par tomber sur deux enfants juifs en fuite dont l’un, malade, requiert des soins immédiats. Ayant repéré un domaine isolé, ils décident de s’y installer avec l’agrément de la propriétaire des lieux, la belle Gabrielle. Cette halte va être l’occasion de rappeler les faits tragiques dont Jepsen est à l’origine et également de découvrir l’individu que recherchent activement les allemands, qui est loin d’être un étranger pour certains.
 

Par Phibes, le 28/09/2009

Notre avis sur l'album Là où tombent les hommes


Après avoir œuvré dans la saga médiévale "Mémoire de cendres" et s’être lancé dans la série policière "Sam Bracken", Philippe Jarbinet s’affaire dans un nouveau diptyque ayant trait à la seconde guerre mondiale et plus précisément à l’année 1944 sur le territoire ardennais.

A ce titre et au vu du rendu, il convient de dire que cet auteur a mis du cœur à l’ouvrage. Fortement épaulé par un spécialiste de cette période guerrière (Philippe Gillain, conservateur de musée, qui d’ailleurs intervient en guise d’ouverture d’une manière explicite), Philippe Jarbinet s’est mis quelque peu en retrait de ses productions pendant deux ans, pour se lancer dans cette nouvelle aventure ô combien excellente et pour éditer via Casterman les deux tomes en même temps.

La fiction dont il est question repose évidemment sur des bases historiques solides et met en évidence, dans une fluidité exemplaire, deux personnages essentiels que sont Gabrielle et le sergent Jepsen. Un troisième qui aura son importance (c’est celui qui est recherché par les terribles feldgendarmes SS) est ébauché en cet opus et devrait s’affirmer dans le prochain tome. De fait, dans cette ambiance conflictuelle, on va assister à la rencontre fortuite de ces derniers et apprendre progressivement leurs petits secrets.

Si Jepsen ne véhicule pas forcément une intrigue majeure malgré le passé dramatique qu’il traîne, on sera sensible à l’humanité qu’il dégage dans ses façons de faire et de s’exprimer. On perçoit facilement son émoi quant à ses déboires amoureux, aux souvenirs de Carentan qui le hantent, à sa manière de concevoir la guerre et à son attirance pour Gabrielle. Cette dernière, quant à elle, est, en quelque sorte, le moyen tout en grâce qui va nous permettre de mieux appréhender Luther et également le lien entre celui-ci et le mystérieux fuyard allemand. Par ce dernier, un secret pointe qui devrait trouver son explication dans le prochain épisode.

Ce premier résultat est indubitablement à la hauteur de nos espérances permettant de dire que l’on a bien fait de patienter deux ans. Si les atrocités de la guerre sont forcément retranscrites dans cet opus, c’est l’univers réfrigérant et rural des Ardennes qui vient couvrir de sa chape blanche une intrigue subtile, aux rebondissements (vers la fin) implacables finement adaptés.

Au niveau du dessin, Philippe Jarbinet ne peut que transcender par ses travaux en couleurs directes qui sont d’une grande beauté et d’une sensibilité probante, dans la lignée de ceux que réalisent Hermann ou Gibrat. On perçoit de sa part une volonté de se sortir de son travail d’antan, au niveau de la colorisation mais aussi au niveau de la justesse de son trait, très pointu (il suffit d’apprécier la tenue vestimentaire des soldats des deux camps ainsi que les véhicules militaires…) et réaliste. Il se démarque quelque peu de l’apparence habituelle de ses personnages (au niveau des visages par exemple) qui ont une expressivité superbement façonnée par les couches successives d’ombre ou de lumière.

Cet épisode est donc une excellente mise en bouche d’une tranche de vie dramatique dans une épopée guerrière non moins troublante. Vite, la suite !
 

Par , le

Encore la seconde guerre mondiale comme thème vous direz vous en voyant ces albums ?!? Et bien oui, mais d'une traité d'une telle manière cette période de l'histoire n'est alors qu'un prétexte au rêve.

Ces albums abordent d'une façon éloquente le tragique destin de ces milliers de français enrôlés de force dans l'armée Allemande pendant la seconde guerre mondiale, certains en sont morts sur le front Russe, d'autres ont eu plus de "chance" et se sont vus transférés en France lors de la poussée Américaine. Le cadre de l'histoire est dès lors posé ...

Un scénario loin d'être bateau, un dessin excellent et de l'action ... Autant d'ingrédients qui fournissent au lecteur un vrai moment de plaisir de lecture ! Un autre regard sur la 2nde guerre mondiale qui se situe loin de la caricature du G.I. Américain et du méchant nazi tueur de juifs, une histoire qui aurait pu être réelle et des personnages attachants. Un incontournable selon moi pour qui s'intéresse à cette dure période.

Le seul regret à formuler tient au fait que cette série ne comportera jamais que 2 tomes, les auteurs l'ayant souhaité ainsi.

Par , le

Les albums de la série AIRBORNE 44

Nos interviews liées

Philippe JARBINET nous parle de son diptyque AIRBORNE 44

Sceneario.com : Bonjour Philippe, en ce mois de septembre 2009, les éditions Casterman mettent à l’honneur votre dernière réalisation "Airborne 44". Comment ce projet est-il né ? Pourquoi avoir adopté ce titre ?
Philippe Jarbinet : D’abord le titre ! Il y a un an, j’avais terminé notre dernier entretien sur le fait que cela ne s’appellerait pas AIRBORNE. C’était un titre de travail que je trouvais trop militaire, trop utilisé dans le cinéma américain de série B. Chez Casterman, qui n’a pas la réputation de produire de séries B, la réaction n’a pas été la même. Le titre leur plaisait. Moi, il me faisait peur. Je voulais être plus lapidaire : j’ai fait un projet de couverture avec un énorme 44 sur toute la moitié supérieure de la couverture. Ce n’était pas mal mais nous hésitions tous [...]

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Philippe JARBINET se confie

Sceneario.com : Bonjour Philippe, vous voilà aujourd’hui à la tête d'une bibliographie conséquente. Pourriez-vous nous expliciter votre parcours et votre intérêt pour la bande dessinée ?
Philippe Jarbinet : A 43 ans, ma bibliographie n’est pas si importante : 17 albums en comptant le fait que, sur « Une Folie Très Ordinaire », j’ai fait une grosse quarantaine de pages sur trois albums, sur base du scénario de Christian Godard. « Sandy Eastern » était scénarisé par Franz. En fait, j’en ai réalisé 13 tout seul (scénario, dessin, couleurs) auxquels il faut ajouter les deux prochains que je réalise pour les éditions Casterman. Question parcours, celui-ci est un peu accidentel puisque lorsque j’ai fais mes études artistiques, je n’étais pas vraiment décidé à partir sur la voie de la bande dessinée [...]

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