AIRBORNE 44
Demain sera sans nous

A la grande stupéfaction de sa femme Gabrielle et de la petite troupe de GI menée par le sergent Jepsen, Egon Kellerman transformé en fuyard éperdu a recouvré son domicile après quatre années. Alors qu’il commence à reprendre ses esprits, il raconte sa terrible aventure militaire qui l’a fait passer de "malgré nous" à spectateur inopiné de la pire des horreurs perpétrée par l’homme sur l’homme. Malheureusement, son témoignage émouvant basé sur de nombreuses photos prises à la volée n’est pas du goût de la gente nazie et de la police militaire allemande qui le traque inlassablement et qui finit par le rattraper au domaine où se trouvent Jepsen et son escouade. La neige immaculée des Ardennes ne va pas tarder à se teinter de rouge dans un combat qui risque de priver à tout jamais, pour certains, l’espoir d’un nouveau lendemain.
 

Par phibes, le 28 septembre 2009

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Notre avis sur AIRBORNE 44 #2 – Demain sera sans nous

Accompagnant le premier intitulé "Là où tombent les hommes", ce deuxième et dernier épisode vient nous éclairer sur le mystère que porte sur ses épaules le fuyard Egon Kellerman quant aux recherches inlassables dont il est l’objet.

Philippe Jarbinet livre ici les réponses tant espérées dès les premières pages et nous entraîne dans une évocation historique d’un drame humain à grande échelle. Par cette longue allusion horrible et pourtant réelle, l’auteur distille à grands renforts des effluves émotionnels intenses et par ce fait, semble figer la lecture de son album. On appréciera la justesse de son raisonnement qui prouve que cette partie d’ouvrage a été réalisée après une recherche documentaire conséquente et selon un thème qui lui tient à coeur.

Après cet intermède qui s’inscrit dans un devoir de mémoire, la fiction reprend le dessus et se rue, sur un fonds d’amourette déchue, dans l’action la plus explosive. Cette cassure scénaristique sort le lecteur de sa torpeur après l’énorme déballage historique et vient accélérer le mouvement. Combats terrestres, aériens, fuites, négociations entre adversaires…, s’enchaînent rapidement, dans une orchestration digne d’un story-board de film de guerre. On sent parfaitement la maîtrise complète du scénario qui, petit à petit nous emmène vers un final émouvant, dont la première planche du tome 1 avait fait l’ébauche.

Les dessins sont d’une authenticité frappante. Uniformes, véhicules, paysages sous la neige sont d’une beauté et d’un réalisme bluffant et laissent transparaître un travail de fourmi excellemment mené. La douceur de l’aquarelle vient savamment contraster avec la dureté des actions. Philippe Jarbinet a su tirer profit de son savoir-faire au point de le dépasser en travaillant ses planches au pinceau. Ces vignettes sont une pure merveille, signe d’une volonté picturale que l’on souhaiterait voir se pérenniser.

Ce second opus, fort en émotions, est des plus admirables et s’inscrit dans un diptyque à la veine guerrière non moins excellent. Une lecture à conseiller vivement !
 

Par Phibes, le 28 septembre 2009

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