Air Mail

Fin des années 1920. Clarence "Babel" Man est un pilote d’avion. Un du genre casse-cou qui a rejoint l’aéropostale après la Grande Guerre. Alors qu’il effectue un vol, il est pris dans un orage. A 14H30, ce jour là, c’est comme s’il faisait nuit. De fortes pluies frappent le Minnesota et des rafales de vents de plus de 60 mph n’arrangent pas les choses. Babel est obligé de se poser à cause du mauvais temps. Au moins, il arrive à ne pas se crasher. Il a réussi à se poser non loin d’une route. Là, il interpelle une voiture conduite par la belle Amelia "Bella" Palmer, une ex-danseuse et "poule" d’un certain Ed Fletcher que l’on nomme Vitalis, un truand. Ce dernier apprend par un de ses hommes de main qu’il a aperçu Bella dans sa voiture avec un autre homme. Là, Vitalis regroupe ses troupes et se lance à la poursuite de sa petite amie. Pour Babel, les ennuis vont commencer du moment qu’il a croisé la route de cette belle femme !

 

Par berthold, le 5 mars 2014

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Notre avis sur Air Mail

Air Mail est une intégrale qui reprend les quatre tomes des aventures de "Babel" Man, personnage crée par Micheluzzi en 1983 :

Air Mail (1983)
– Dry Week End
(1984)
– Country Fair Photo
(1985)
– Palmer Special Number One
(1985-1986).

Attilio Micheluzzi est un grand auteur italien né en 1930 et décedé en 1990. L’artiste fait partie, comme Hugo Pratt, Battaglia, Sergio Toppi , des grands maîtres de la bande dessinée italienne. Il est l’auteur de Rosso Stenton, de Marcel Labrume ou encore de Petra Cherie, entre autres, des chefs d’oeuvres édités, depuis 2003, chez Mosquito.
Ce dernier propose ce mois-ci une superbe intégrale reprenant donc les aventures du pilote Babel Man. C’est avec plaisir que je me suis plongé dans les aventures de ce pilote casse-cou, grande gueule et qui a le chic pour se mettre dans les ennuis jusqu’au cou !

Ainsi, dès les premières pages, nous faisons connaissance avec ce personnage un peu rustre, coureur de jupons et qui n’a pas peur de donner du coup de poing. Les héros, chez Micheluzzi, ont quasiment toujours, ce caractère.
Les intrigues de ces récits sont assez simples. Pas besoin d’aller chercher la grande aventure façon Indiana Jones. Ici, l’auteur place son héros dans des environnements assez simples et fait que le destin se charge d’entrainer Babel là où il ne faut pas. Dans Air Mail, par exemple, c’est un quiproquo qui va lui attirer les ennuis. Des gangsters vont se lancer à ses trousses, mais le pilote a de la ressource et puis, la rencontre avec Bella est tout aussi explosive. Il y a un peu de l’Africa Queen dans les relations entre les deux personnages.
Dans Dry Week End, c’est aussi un concours de circonstances qui va mettre le pilote, en vacances avec Bella, dans une situation peu ordinaire. Ce sera aussi le cas avec les deux autres récits.
Micheluzzi nous présente des personnages intéressants dans ces histoires comme Gert, le collègue de Babel, comme Bella et même certains malfrats qui ont quand même de la ressource.
L’auteur montre aussi les différences de classe entre les différentes couches de la société. Nous avons les riches qui vont faire la java à Cuba mais aussi les "péquenauds" d’un petit bled perdu de Jackson Rapids.
Une des richesses dans la narration chez Micheluzzi, c’est qu’il arrive à s’adresser aux lecteurs tout comme à ses personnages. C’est aussi l’une de ses marques de fabriques.

Son dessin, en noir et blanc, est toujours aussi superbe. Il n’a pas besoin d’amener la couleur : cela marche parfaitement ainsi ! Je me suis amusé à regarder les détails. Il n’y a pas à dire, c’est du grand art. A un moment, il y a une case qui présente une vue d’une rue. C’est d’une netteté incroyable. Les scènes de vols (en avion) sont majestueuses. Ces avions sont si bien rendus que nous avons même l’impression d’entendre le bruit des moteurs.
Il faut aussi souligner la richesse des portraits de ces personnages. Ah ça, il y en a qui ont de bonnes gueules !

Air Mail est une belle surprise. C’est une intégrale qui vient enrichir le catalogue de l’éditeur Mosquito. Ce chef d’oeuvre est un beau livre que je vous recommande sans hésiter et qui mérite une place d’honneur dans vos bibliothèques.

 

Par BERTHOLD, le 5 mars 2014

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